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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
Cette chambre intelligente, bardée de dé-
tecteurs en tous genres, exemple concret
de l'Internet des Objets, devient un véri-
table auxiliaire du personnel soignant et
médical. Moyennant une couche d'ana-
lyse intermédiaire, les données captées
peuvent même être répercutées automati-
quement vers les services concernés: per-
sonnel soignant, administration, respon-
sable qualité...
La chambre caméléon
Au-delà de la question des données vi-
sibles, ou non, par telle ou telle personne
dans cet espace de chambre «communi-
cante», les progrès de la technologie per-
mettent potentiellement de «personnaliser»
la chambre aux spécificités de chacun de
ses hôtes. Quoi de plus facile en effet que
de paramétrer les capteurs ambiants en
fonction de sa maladie, des constantes à
surveiller, des niveaux de déclenchement
des alertes en cas d'anomalie...?
La généralisation des capteurs et des
biosenseurs suscite une série de questions,
parfois fondamentales, telles que:
·
Un patient a-t-il le droit d'exiger que les
capteurs et autres dispositifs de sur-
veillance automatique soient désactivés
au nom du respect de sa vie privée?
·
Faut-il tout confier, aveuglément, à une
toile de capteurs? Le contrôle de
l'homme ne reste-t-il pas indispen-
sable pour éviter les erreurs et aberra-
tions?
La chambre, espace à
(re)vivre
Espace de soins, la chambre endosse égale-
ment un rôle majeur dans le processus de
rétablissement, physique et psychique.
Grâce aux outils de communication et de
divertissement, le patient renoue avec le
monde extérieur. Canaux d'informations, ré-
seaux sociaux, vidéoconférence, jeux sé-
rieux de réadaptation, exercices de gymnas-
tique cérébrale, dialogue avec des avatars
ou coachs virtuels personnalisés... sont mis
à sa disposition, voire prescrits, pour assurer
son divertissement mais aussi pour accélé-
rer son retour à une vie normale. L'objectif
est de favoriser une remise sur pied et un
retour à l'autonomie le plus rapidement pos-
sible. L'intérêt est de favoriser son rétablis-
sement et, dans le même temps, d'optimiser
l'utilisation des lits disponibles, d'alléger les
charges de la sécurité sociale.
L'hôpital à domicile
La démocratisation des outils technolo-
giques, l'accroissement des performances
de traitement, la généralisation des télé-
prestations de soins se poursuivent à un
rythme accéléré.
Dans un futur proche (au-delà de 2020), la
délocalisation des unités de soins et des
espaces de prise en charge sera un concept
banalisé. L'environnement immédiat de
chaque individu ou famille (environnement
privé, scolaire ou professionnel) sera en
effet doté d'un maillage suffisant de cap-
teurs et d'agents intelligents ainsi que de la
puissance nécessaire de télé-suivi pour
transposer le rôle de l'hôpital vers cet envi-
ronnement quotidien. Du moins pour les
interventions et actes de moindre criticité.
Le référentiel de connaissances médicales
demeurera certes l'apanage exclusif des
centres de soins, devenus centres de déci-
sions sanitaires, dans la mesure où il sera
toujours de leur responsabilité de faire évo-
luer et de valider ce thésaurus. Mais les
relais constants en temps réel entre ce ré-
férentiel central et chaque individu permet-
tront de télé-piloter les micro-agents auto-
nomes (de type nanorobots) qui intervien-
dront par exemple dans des cas bénins
d'arythmie cardiaque, de crise de panique
ou d'asthme, de blessure superficielle.
Cette connexion permanente entre individu
et thésaurus permettront par ailleurs de
déverrouiller à distance les pharma-cap-
sules adéquates selon les doses perti-
nentes.
Un tel scénario est encore réservé, à l'heure
actuelle, à une catégorie de personnes dis-
posant de revenus suffisants. La démocra-
tisation et la banalisation technologiques
en cours ne devraient pas tarder à le rendre
accessible à tous les citoyens au cours des
10 prochaines années.
La salle d'opération
Les salles d'opération sont devenues de véri-
tables salles de contrôle automatisées. Grâce
à l'inclusion ­ dans les parois, dans les équi-
pements ainsi que sur les personnes qui y
évoluent ­ d'une diversité de capteurs (tem-
pérature, humidité, agents d'infection...) et
de microcaméras, il est possible d'enregistrer
tout élément d'information pouvant avoir un
impact sur l'efficacité des actes.
Toutes les données sont enregistrées en
continu, combinées à celles relayées par
les caméras de champ et aux données du
dossier patient. Le tout est analysé à la vo-
lée, en temps réel. Cette surveillance de
chaque instant offre de multiples garanties
et avantages:
·
qualité optimale de l'environnement de
la salle;
·
adéquation de chaque geste et acte;
·
surveillance de l'état du patient;
·
garantie de traçabilité sanitaire;
·
source de preuve en cas de recours;
·
comptabilisation automatique de l'utili-
sation des ressources (depuis les équi-
pements et objets chirurgicaux jusqu'au
calcul de ratios; par exemple, le ratio
temps/consommation énergétique/
effectifs mobilisés/opération...);
·
optimisation constante des ressources
utilisées et des actes posés.
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