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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
Human
Resources
Koen De Meester (chef des soins aux
patients à l'UZA) a étudié les soins infirmiers
administrés à 63 patients décédés soit en
chambre, soit après l'appel de l'interniste,
soit encore après leur transfert aux soins
intensifs. Il a ainsi montré que dans les
8 heures précédant un incident grave,
un certain nombre de carences pouvaient
apparaître et que, prises en charge dans ce
laps de temps, les dommages étaient
limités. Une meilleure observation des
patients permettrait de détecter plus tôt les
signaux d'alarme et par conséquent, d'y
réagir plus rapidement.
Modified Early Warning
Score
Koen de Meester a donc réalisé trois études
afin de vérifier si l'observation des para-
mètres vitaux des patients en état critique
selon le «Modified Early Warning Score» et
une communication structurée avec le
médecin contribuaient à faire baisser la
mortalité.
Une première étude, réalisée à l'UZA,
portait sur un protocole d'observation
dans les soins infirmiers dispensés aux
patients transférés des soins intensifs en
chambre régulière. Ce protocole d'obser-
vation à 12 heures reprenait 6 para-
mètres: la fréquence respiratoire, la
saturation en oxygène, la pression arté-
rielle, le pouls, la température et la
conscience. L'application de ce protocole
et les mesures prises en conséquence
ont fait diminuer les événements délé-
tères.

Une seconde étude, effectuée à la GZA
(Gasthuis Zusters Antwerpen), a montré
qu'à côté de l'observation, le respect d'un
protocole d'actions à mener en fonction du
résultat des mesures, telles que consulter
une autre infirmière, appeler un médecin
ou un membre de l'équipe interne d'ur-
gence, permet une forte diminution des
décès dans les 6 jours suivant une opéra-
tion.
Enfin une troisième étude, elle aussi réali-
sée au département infirmier de l'UZA, a
évalué l'impact de la méthodologie SBAR
(Situation, Background, Assessment Re-
commendation). Cette méthode porte sur
une communication standardisée entre in-
firmière et médecin relative à l'état du pa-
tient et à son degré d'urgence. Ici aussi,
une diminution importante des décès a pu
être constatée.
In fine, les trois études établissent que le
choc, l'arrêt cardiaque ou encore la mort
inopinée en chambre peuvent être évités si
les infirmier(e)s observent régulièrement
les patients, mesurent les signes vitaux,
interprètent correctement les résultats et
communiquent clairement avec les méde-
cins concernés le degré d'urgence lié à
l'état des patients «critiques».
Instauré en 2014
Le communiqué de presse de l'UZA précise
que le protocole standard d'observation et
d'escalade développé dans le projet de re-
cherche sera mis en oeuvre dans 15 hôpi-
taux (60 services hospitaliers de médecine
interne et de chirurgie) à partir de 2014.
Ses effets seront étudiés scientifiquement
dans une étude intitulée «ALARM Interven-
tion study» au sein de la Faculté de méde-
cine et des sciences de la santé de l'Uni-
versité d'Anvers, et ce avec le soutien du
Service Public Fédéral Santé publique,
Sécurité de la Chaîne alimentaire et Envi-
ronnement.
ALARM Intervention study
Le rôle des soins
infirmiers dans la survie
des patients gravement
malades
Il arrive dans 1 cas sur 1.000, qu'au cours d'une hospitalisation le patient décède
inopinément, ou bien soit victime d'une crise cardiaque, ou encore doive être transféré
d'urgence en soins intensifs. Dans une thèse de doctorat, «ALARM Intervention study»,
Koen De Meester (chef des soins aux patients à l'UZA et assistant au Département des
sciences infirmières et de sages-femmes à l'Université d'Anvers) a montré que ces
événements pourraient être évités si les infirmier(e)s utilisaient une méthode normalisée
d'observation et que la communication avec le médecin traitant s'améliorait.
Valérie Kokoszka
JS0773F