la mission d'évaluation et d'éclairage confiée aux experts scientifiques du centre d'expertise, dans le but premier de favoriser une médecine de qualité et efficiente. De nombreux rapports ont été rédigés, tantôt pour évaluer et comparer les différents trai- tements et modes de prise en charge de pathologies spécifiques, tantôt pour évaluer et proposer de nouvelles modalités de ges- tion du système belge de soins de santé. Le champ d'études couvre ainsi tout le spectre des soins de santé, allant de la détermina- tion du meilleur type de prise en charge, par exemple, du cancer du sein jusqu'à l'audit de performance du système de soins de santé comme tel. Chemin faisant, l'exten- sion du domaine des études et l'influence potentielle de ces dernières sur l'évolution des prises en charge et, plus largement, sur les politiques de santé publique ont suscité des questions de plus en plus pressantes, par exemple sur le choix et la diversification des options méthodologiques ou encore sur la participation d'autres parties prenantes, comme les patients ou les citoyens. A l'aube les enjeux politiques et les attentes socié- tales s'imposait. Ses contours ont été dessi- nés par les experts, politologues, sociolo- gues et philosophes conviés. posé «The political dimensions of Evidence- Based Medicine», que l'EBM a été dévelop- pée comme instrument rationnel d'aide à la décision médicale, dans le but conjoint de définir des standards de prise en charge à partir de la somme considérable de don- nées scientifiquement validées et d'éviter sur la seule expérience ou intuition des pro- fessionnels de santé. Dès l'origine, la mé- decine factuelle veut donc rencontrer un double objectif. Le premier, scientifique et la décision médicale par des données scientifiquement probantes, organisées se- lon différents niveaux de preuves (essais cliniques randomisés, méta-analyses, gui- delines de pratiques cliniques, etc.), ce qui rend la masse de données plus aisément maîtrisable. Le second, sociétal et politique, vise dès le début du 20 l'usage de méthodes statistiques et à pas- attentes sociétales réglementaires, universités, associations professionnelles, industrie pharmaceutique), le symposium organisé par le KCE à l'occasion de ses 10 ans d'existence a remporté un franc succès. Le choix du thème de cet événement, intitulé «Bridging the gap Evidence-Based Medicine (EBM) versus societal expectations», explique pour beaucoup la présence d'un public nombreux. En effet, les différents orateurs avaient pour mission d'aborder de front des problématiques souvent tues lorsqu'il s'agit de la médecine factuelle ou des évaluations des technologies de santé (Health Technology Assessment). Ces problématiques peuvent être ressaisies sous forme de questions: Quelles sont les limites méthodologiques de la médecine fondée sur les preuves? En dépit de sa neutralité méthodologique, l'Evidence-Based Medicine d'une prise en charge singularisée et qualitative du patient? De quelle manière faire participer les autres acteurs de la santé pour élaborer des guidelines et des politiques de santé qui recueillent légitimité et adhésion? |