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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
oeuvre dans le registre des applications.
Les traitements analytiques portant sur les
gros volumes de données (analyse géno-
mique, décisionnel sur historique patient,
prévention d'incidents-santé via analyse
des données captées en temps réel par les
biosenseurs dont sont dotés tous les ci-
toyens...) sont désormais effectués sur
une plate-forme haute disponibilité/haute
redondance hébergée dans un cloud privé,
géré et placé sous la responsabilité de
l'opérateur CommonHealth.
Cette infrastructure met également à dis-
position des établissements hospitaliers
qui le désirent des applications de gestion
(gestion hospitalière et administrative) qui
répondent à des besoins standards. Les
services applicatifs sont prestés en mode
SaaS (Software-as-a-Service), avec la par-
ticularité de mettre à disposition, pour
chaque fonction ou métier, une petite sé-
lection de logiciels, préalablement validés
et certifiés par le SPF Santé.
La mutualisation et la centralisation de
l'infrastructure et des ressources per-
mettent également de mieux concentrer les
moyens budgétaires sur des aspects direc-
tement liés aux métiers de la santé. Ainsi,
l'hébergement virtualisé des données mé-
dicales (données textuelles, statistiques,
images et vidéo) permet aux établisse-
ments hospitaliers d'appliquer en toute
souplesse les concepts de télé-médecine,
télé-prévention et télé-diagnostic.
Données Santé mobiles
Le temps où l'information (médicale, admi-
nistrative) était accessible uniquement sur
un support prédéfini est révolu. L'avène-
ment du mobile, notamment des tablettes
numériques, avait été un premier pas. Mais
l'accès restait conditionné au contexte
(bureau, chambre du patient, salle d'opéra-
tion, salle...), d'autant plus que le format
du terminal sur lequel se faisait l'accès
différait à chaque fois, empêchant une
cohérence dans l'accès à l'information.
Désormais, la mise à disposition est spon-
tanée. Le système central qui détient ou
qui relaie les informations est, à tout mo-
ment, «conscient» de l'endroit précis où
se trouve chaque professionnel, ainsi que
des spécificités dans lequel il se trouve.
L'information à consulter suit ainsi dyna-
miquement ce professionnel, se matériali-
sant sur l'écran qui lui est le plus proche,
passant en mode enrichi (avec description
audio ou projection en réalité augmentée)
lorsque l'environnement l'exige ou le permet.
Le système central applique en outre auto-
matiquement les règles de sécurité et de
confidentialité requises par chaque
contexte. En cas de présence à proximité
(par repérage géolocalisé de présence)
d'autres personnes ne disposant pas des
mêmes autorisations d'accès, le contenu
est automatiquement bridé. De même, la
teneur du contenu consultable est dynami-
quement adapté selon que le professionnel
évolue dans les murs de l'hôpital, est en
visite chez un patient, dans sa voiture, dans
un lieu public...
Le MédiPod
Cette mobilité «polymorphante» des don-
nées a permis l'émergence du concept de
terminal hybride. L'équipement installé est
volontairement multi-usages.
Les divers terminaux ­ télévision interac-
tive, terminal Internet, tablette tactile... ­
servent aussi bien au personnel médical et
soignant qu'au patient et au visiteur de
passage. Tous accèdent librement, selon
des profils spécifiques, à des contenus
et services correspondant à leurs besoins
et/ou préférences.
Ce concept, connu aujourd'hui sous le nom
de «médipod» est né avec le terminal «bed-
side» et a été appliqué à d'autres «termi-
naux» tels que la télévision (en circuit fermé
ou connectée), les tablettes numériques et
autres virtualiseurs (terminaux dotés d'un
potentiel de réalité augmentée). Il a dû
remplir un ensemble de conditions préa-
lables et représente l'aboutissement d'un
long exercice d'analyse et de mise en adé-
quation des exigences des différents ac-
teurs. Il a dû répondre à différentes ques-
tions qui ont fait débat:
·
Le patient peut-il partager le même ter-
minal que le personnel hospitalier (mé-
dical et soignant)?
·
Quel accès à quelles données médi-
cales?
·
Comment gérer les risques techno-
sanitaires?
·
Sur quelle base définir sa «maniabilité»
et son ergonomie d'utilisation?
·
Innovations technologiques: un bien ou
un mal?
La chambre d'hôpital
La démocratisation des équipements et du
haut débit permet désormais de faire de la
chambre du patient un véritable espace de
surveillance automatisé.
Un lien ombilical invisible relie désormais le
dossier historique du patient, véritable
centre nerveux du processus de soins, à sa
chambre.
Une multitude de capteurs sont disséminés
dans cet espace. Capteurs de pression et
de mouvement, capteurs de température,
microcaméras... relèvent en permanence
ses constantes mais aussi, de manière plus
subtile, toute modification de comporte-
ment.
En fonction de chaque patient, de son état,
de l'affection dont il souffre, de son «profil»
normal de comportement, tout fait inhabi-
tuel peut être détecté et signalé automati-
quement par l'environnement-veilleur pour
alerter d'un incident ou problème: mouve-
ments spasmatiques, déplacements trop
fréquents, immobilité soudaine, chute,
poussée de température, regard fixe...
L'hébergement virtualisé des
données médicales (données
textuelles, statistiques, images
et vidéo) permet aux établisse-
ments hospitaliers d'appliquer
en toute souplesse les concepts
de télé-médecine, télé-préven
tion et télé-diagnostic.