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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
Avec ses
trois dimensions ­ biologique
(mobilité réduite, puissance musculaire,
coordination), psychologique (anxiété,
stress et peurs irrationnelles) et sociale
(conditions de travail, incompréhension des
autres) ­ un tel modèle permettrait, par
exemple, une évaluation globale de la lom-
balgie, qui favoriserait à son tour une prise
en charge holistique au sein de laquelle
tous les acteurs, dont le patient, auraient
un rôle actif à jouer. De la même manière,
l'éclosion des écoles du dos témoigne de la
même volonté d'une prise en charge glo-
bale. Plusieurs leçons doivent être tirées de
l'émergence et de l'application de ces mo-
dèles holistiques. La première d'entre elles
porte sur la relation patient/médecin: fon-
dée sur la confiance, elle pose la question
du rôle de chacun dans la possibilité et le
devoir de maintenir la santé, sachant que
les patients accordent une véritable impor-
tance au savoir médical formel et au traite-
ment reposant sur des bases scientifiques.
Il ne s'agit donc aucunement d'exclure le
formalisme ou le savoir scientifique mais
d'en faire un des ingrédients majeurs d'un
traitement qui serait evidence based et
inclurait le patient. Pour que ce soit pos-
sible, et telle est la seconde leçon, il faut
développer de nouveaux types de savoirs
médicaux et de nouvelles pratiques aux-
quelles seront associées de nouvelles
méthodologies pour l'EBM afin de déve-
lopper et de tester les modèles. Dans
cette perspective, John Grin suggère
d'adopter une stratégie centrée prioritai-
rement sur des cas-modèles de patholo-
gies qui affectent un grand nombre de
personnes et dont le traitement constitue
une lourde charge tant à titre individuel
que collectif (BPCO, diabète, Alzheimer).
A ces cas serait appliquée la procédure
suivante:
1) élargissement du champ théorique de
la recherche médicale;
2) usage de différentes méthodologies
pour collecter les preuves, dont une
synthèse réaliste;
3) utilisation de canaux de communica-
tion communs pour informer le grand
public des nouveautés médicales.
Enfin, il s'agirait d'apprendre et d'utiliser
ces leçons pour définir les programmes
stratégiques de recherche et développe-
ment mais aussi reconsidérer les standards
de l'Evidence-Based Medicine et (ré)-édu-
quer le public.
Source: John Grin.
Figure 1: Le modèle bio-socio-psychologique.
Physical
health
and
illness
Medical
care
Sanitation
Pollution
control
Health
education
Social
Support
Social
(system)
factors
Immune
response
Physio-
logical
reactivity
Genetic
predispo-
sition
Environ-
mental
toxins
Infectious
agents
Stress
Coping
tactics
Perso-
nality
Health-
related
habits
Reactions
to illness
Psychological
(behavioral)
factors
Biological factors
Un des atouts de la réflexion éthique réside dans sa
capacité à rendre explicites les différentes valeurs
sous-jacentes qui traversent discrètement les nombreuses
étapes des processus d'évaluation des technologies de santé.