de sa crédibilité scientifique et de sa perti- nence quant aux problèmes rencontrés par les cliniciens et leurs patients. Les clini- ciens, qui fondent leurs décisions sur la lit- térature médicale, et les chercheurs qui la créent, ont besoin de connaître ce qui aug- mente et ce qui diminue la puissance de la recherche scientifique. Les lecteurs doivent donc jouer un rôle actif dans le jugement d'une crédibilité scientifique. Par une seule lecture passive, sans considérer systémati- quement et en avance les principes fonda- mentaux, ils remarqueront moins vraisem- blablement les imperfections et seront plus vraisemblablement induits en erreur» (RH. Fletcher. Épidémiologie clinique. Édi- tions Pradel). mais publié... d'analyse critique de la littérature provient d'un article publié il y a de cela plusieurs années dans un quotidien grand public belge francophone bien connu et depuis, largement relayé sur la toile. Dans ce journal, on pouvait lire «réalisée du Sud, une étude a prouvé que les femmes qui pratiquaient la fellation, à rai- son d'une à deux fois par semaine, rédui- raient leur risque de développer un cancer du sein de 40%». D'après le journaliste, «la recherche a porté sur deux groupes, soit 6.246 femmes âgées de 25 à 45 ans qui ont pratiqué la fellation de manière régulière au long des 5 à 10 dernières années et 9.728 femmes qui ne la prati- quaient que peu ou pas du tout. Dans le premier groupe de femmes, 1,9% des femmes ont été touchées par le cancer du sein, contre 10,4% dans le second groupe». n'a donc jamais vu le jour; il s'agissait d'un canular réalisé par un américain ayant posté sur le web un communiqué de presse portant le sceau de l'Université de Caroline du Sud afin d'asseoir un semblant de crédi- bilité. ter que cette étude était fausse. Par exemple, une incidence de cancer du sein de 10% est peu vraisemblable chez des femmes de ce groupe d'âge. D'autre part, selon les valeurs d'incidence données, la réduction de risque n'est pas de 40%, mais bien de plus de 80%. Enfin, une rapide re- cherche sur PubMed ne ramène aucun des chercheurs cliniciens cités dans l'article. même si cette étude avait été réellement pectés d'après les données disponibles n'auraient nullement permis d'aboutir à de telles conclusions. véracité des informations collectées à pro- pour apprendre à (bien) lire... et la pertinence des résultats avant leur éventuelle exploitation. In fine, pour un clinicien, la question est de savoir si les résultats présentés justifient un changement de sa pratique. Cette lecture critique nécessite toutefois la compréhension d'un certain nombre de notions, ayant notamment trait aux statistiques et à la méthodologie, qui peuvent paraître d'un premier abord abscons, mais qui sont en réalité accessibles. C'est du moins ce que nous allons tenter de vous démontrer. en Épidémiologie et en Biostatistiques, CHU de Liège, ULg |