tigateurs à la foi dans la puissance des méthodes statistiques formelles». Based Medicine a d'emblée fait naître de nombreux débats comme en témoigne la vive querelle entre Claude Bernard, père de la médecine expérimentale et les statisti- ciens. Ces débats sont loin d'être taris et Patrick Castel en a rappelé les principales lignes de force: et l'autonomie des cliniciens au profit des gestionnaires, des économistes, des épidémiologistes? Sont-elles, au contraire, un instrument de pouvoir entre disciplines, voire entre tenants d'une même discipline pour restaurer ou assurer une légitimité scientifique importante aux yeux des patients et des autres acteurs? rationalisation des traitements et donc des coûts, comme en attestent cer- taines controverses très dures au Royaume-Uni, autour des décisions de remboursement ou de non-rembourse- ment prises par le NICE (National Insti- tute for Health and Care Excellence)? Based Medicine? Les valeurs et expé- riences des patients et, plus largement, des citoyens sont-elles suffisamment prises en considération dans un cadre décisionnel gouverné par les méthodes quantitatives? Les débats sociétaux et politiques qui tournent autour de la ca- pacitation (empowerment) des patients et de leur inclusion à la sphère décision- naissance et une tentative de dépasse- ment de cet état de fait? nels de santé qui élaborent les stan- dards de prise en charge, tantôt pour faire prévaloir certaines modalités pra- tiques, tantôt pour assurer la légitimité scientifique de celles-ci. Cependant, et parallèlement, beaucoup de médecins refusent l'application pure et simple de ces standards, au motif qu'elle mène- rait à une standardisation de la pratique d'autant moins acceptable que les li- mites de l'approche strictement quanti- tative sont connues. Dans ce contexte, la question centrale est celle de savoir comment éviter que la production de standards ne conduisent, subreptice- ment à la normalisation des pratiques? de ces interrogations pourrait être levée si davantage d'attention était prêtée à l'ac- ceptabilité des guidelines. Une acceptabili- té qui, si l'on en croit les recherches les plus récentes, repose essentiellement sur leur applicabilité, leur cohérence avec les situations cliniques, et leur capacité à faire consensus. De ce point de vue, l'ajuste- ment des recommandations et guides de et la critique des limites des preuves quan- titatives via des méthodes et des méta-gui- delines d'évaluation de l'EBM elle-même, pourrait constituer une réelle avancée. En effet, en couplant acceptabilité sociale et acceptabilité scientifique, la médecine fac- tuelle pourrait poursuivre son projet initial en veillant à rassembler les expériences et les perspectives des différents acteurs. rial Sciences, Universiteit Amsterdam) s'est focalisé sur les limites internes à la méthode quantitative dans une communi- cation intitulée «What are the chances that patients contribute to improve quality and cost-effectiveness of health care?». Prenant appui sur plusieurs cas concrets, tels que les douleurs lombaires ou le syn- drome du côlon irritable, John Grin a rap- pelé les insuffisances des essais cliniques randomisés et, plus généralement des méthodes quantitatives, lorsqu'il s'agit multifactorielles (causes physiologiques, stress, régime alimentaire, mode de vie). Le formalisme nécessaire au développe- heurte aux effets de la vie réelle, au contexte particulier à chaque patient, à la non-linéarité causale dans la progression ou la régression de la maladie. C'est pour- quoi, il suggère de procéder à des «syn- thèses réalistes», et d'intégrer pour ce faire des modèles méthodologiques multi- disciplinaires, tel que le modèle bio-socio- psychologique ( |