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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
tés exactes d'une révision du mode de
financement s'explique par la volonté de ne
pas tenir pour acquise la nécessité d'une
réforme fondamentale. S'agit-il vraiment
d'une nécessité, d'un goût du changement
ou d'une évolution normale? Répondre à
cette interrogation suppose en premier lieu
une analyse critique du système actuel de
financement hospitalier pris dans sa globa-
lité (et non le seul BMF) et l'établissement
des points positifs et négatifs du système.
Pour autant, et sur cette base, une analyse
de type SWOT (Strenghts, Weaknesses,
Opportunities, Threats) convergente se dé-
gagerait-elle entre les différents acteurs?
Si de nombreux acteurs plaident pour un
système prospectif, le remplacement de
multiples forfaits séparés et isolés par une
forfaitarisation globale et cohérente ne
recueille pas pour autant une adhésion
massive, loin s'en faut (voir, à ce sujet,
le sondage express mené auprès des
participants lors de la journée d'études!).
D'un autre côté, le mode belge de finance-
ment fait quelque peu figure de dernier
bastion, alors que les pays environnants
ont adopté des systèmes plus prospectifs,
plus forfaitaires et basés sur les patholo-
gies. Dans ce contexte, les exigences de
réformes structurelles qui ressortent des
analyses internationales (FMI, OCDE, UE,
etc.) se font toujours plus pressantes, qu'il
s'agisse d'améliorer l'efficience, d'axer le
système sur la demande de soins plutôt
que sur l'offre ou encore de développer les
soins à domicile. Des réformes seraient
d'autant plus faciles à engager qu'il existe
déjà, depuis 2005, une base légale pour un
financement prospectif forfaitaire des ho-
noraires hospitaliers, basé sur les patholo-
gies (art. 56 quater loi AMI) et que la
Ministre est dans l'attente, depuis 2009,
d'une proposition de la Multipartite d'un
système d'incitants positifs liés à la perfor-
mance et à la qualité des soins.
Tous ces éléments indiquent à suffisance
qu'il faudra réunir un ensemble de condi-
tions pour réussir le passage à un nouveau
mode de financement, processus qui devra
se faire en concertation et en consultation
large des différents acteurs hospitaliers et
du monde de la santé. Benoît Collin sug-
gère de définir un périmètre ambitieux et
large pour l'analyse critique de notre sys-
tème et un périmètre ambitieux mais réa-
liste pour la réforme effective de ce dernier.
Benoît Collin (Administrateur-Général adjoint de l'INAMI)
Si de nombreux acteurs
plaident pour un système
prospectif, le remplacement de
multiples forfaits séparés et
isolés par une forfaitarisation
globale et cohérente ne
recueille pas pour autant une
adhésion massive.