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[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
Public
Health
C'est ce qui ressort d'ACHIL (Ambulatory
Care Health Information Laboratory), un
projet mené par des chercheurs de l'ISP
(Institut Scientifique de Santé Publique)
dans le but d'évaluer l'efficacité des trajets
de soins.
ACHIL se base sur des informations prove-
nant de l'Agence InterMutualiste (AIM), du
réseau Intego, du réseau des médecins
vigies et sur des données d'un «pilier cen-
tral». Ce dernier concept fait référence à
«une compilation de données extraites
des dossiers électroniques des patients
des médecins généralistes ou encodées
manuellement dans une application Web.»
Au moyen de ce pilier central, ACHIL a
récolté pour l'année 2011 des données
concernant 18.250 patients DT2 et 12.889
patients IRC.
Encore du potentiel
Une «part non négligeable» des patients
entrant potentiellement en ligne de compte
a débuté de manière effective un trajet de
soins (TS) entre 2009 et 2011. En 2010,
selon les médecins vigies, environ
33.702 patients entraient en ligne de
compte pour un TS DT2. Fin sep-
tembre 2012, le TS DT2 comptait
28.861 patients enregistrés (source: Inami).
Les données de l'AIM révèlent que 28%
des patients avec une convention diabète
entre 2006 et 2010 avaient conclu en 2010
un contrat de TS DT2.
Selon les médecins vigies, 1/3 des patients
IRC potentiels se trouvaient en 2011 dans
un TS. D'après l'INAMI, fin 2012, 20.026
patients avaient un contrat pour un trajet
de soins IRC.
Sur la base de toutes ces informations,
ACHIL estime que pour l'avenir, à savoir la
période 2012-2014, il reste un «réservoir»
pour l'entrée dans un TS. Les chercheurs
font toutefois remarquer que la détermina-
tion du groupe de patients TS potentiels re-
présente une tâche ardue. Concernant l'IRC,
l'ISP émet par exemple aussi des interroga-
tions quant aux critères d'inclusion du TS.
Nécessité
Constat important, les deux TS recrutent
les bons patients, à savoir les personnes
pour lesquelles une attention spécifique est
nécessaire depuis déjà plusieurs années.
Pour le diabète, il s'agit des patients dont la
régulation glycémique est difficile depuis
déjà 2006. Seuls 1/3 d'entre eux ont un
taux d'HbA1c inférieur à 7%, l'IMC de plus
de la moitié est supérieur ou égal à 30, ils
présentent davantage de comorbidités
liées au diabète et leur fonction rénale
connaît une détérioration plus rapide. Les
patients se trouvant dans un TS pour une
IRC présentent, par rapport aux patients
entrant en considération mais non inclus,
une détérioration plus rapide de la filtration
glomérulaire, des valeurs d'eGFR infé-
rieures, ainsi qu'un IMC supérieur. Ils sont
plus jeunes et présentent davantage de
comorbidités et de complications.
Les chercheurs notent cependant que les
patients TS ne forment pas de groupe ho-
mogène et présentent des évolutions extrê-
mement variables de l'HbA1c (DT2) et des
valeurs d'eGFR (IRC). ACHIL pointe égale-
ment un possible effet «healthy survivors».
Autrement dit, plus le patient est âgé, plus
la régulation de la glycémie et d'autres pa-
ramètres liés DT2 sont bons. Pour l'IRC,
cela implique que l'eGFR diminue moins
vite. La prudence est donc à tout moment
de mise.
Fréquence plus élevée
ACHIL relève qu'au démarrage en 2009,
par rapport à d'autres groupes de diabé-
tiques et à la situation précédente, les pa-
tients TS sont suivis de manière plus inten-
sive au niveau des paramètres d'HbA1c, de
cholestérol, de tension artérielle, de la
prescription de statines, du suivi de la fonc-
tion rénale et de l'examen du fond de l'oeil.
Les patients IRC sont également mieux sui-
vis et de manière plus complète sur un cer-
tain nombre de paramètres. Selon les
termes du rapport, «ces modifications en
termes de fréquence peuvent être raison-
nablement attribuées aux trajets de soins.
Il faut cependant signaler les différences
entre médecins. Il convient également
d'examiner si ces effets initiaux sont tem-
poraires ou s'inscrivent dans la durée.»
Pathways
ACHIL
relativement
critique pour les trajets
de soins
Les trajets de soins pour le diabète de type 2 (DT2) et l'insuffisance rénale chronique
(IRC) sont efficaces pour la prise en charge et l'amélioration du suivi des patients en
ayant besoin. Toutefois, à l'heure actuelle, il n'est pas encore possible de déterminer si
l'entrée dans un trajet de soins permet une amélioration manifeste de l'état de santé
des patients.
Geert Verrijken
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