background image
35
[ H e a l t h c a r e E x e c u t i v e · N ° 7 3 · 2 0 1 3 ]
de pré-autorisation de mise sur le marché
d'un médicament ou d'un produit de
santé.
Ils seraient également éventuellement im-
pliqués dans l'analyse bénéfices-risques,
tant des médicaments innovants que des
médicaments existants (voir ci-dessus).
Leur rôle pourrait donc être à terme élargi
de celui d'information et de consultation à
celui de participation au débat/processus
décisionnel.
Quels sont les freins au
développement de
l'implication des patients?
Xavier De Cuyper: Un des principaux freins
au développement de l'implication des
patients est le manque de ressources des
diverses associations de patients/consom-
mateurs mais aussi de l'afmps.
Même pour des associations au niveau
européen, comme par exemple Eurordis
(une alliance non gouvernementale d'asso-
ciations de malades, pilotée par les patients
eux-mêmes), le manque de ressources est
problématique. En effet, une représentati-
vité insuffisante engendre, d'une part, en-
core aujourd'hui, le risque d'une possible
influence du secteur (lobby de l'industrie
concernée) et, d'autre part, peut mener à
une certaine subjectivité.
D'une autre côté, il existe à côté des asso-
ciations de patients/consommateurs, de
nombreux autres ambassadeurs pour les
patients tels que les commissions
d'éthique, les médecins, les associations
de pharmaciens, les professionnels de la
santé en général, les organismes assu-
reurs...
Au niveau de notre agence, le manque de
ressources est, bien entendu, un facteur li-
mitant dans notre interaction avec les pa-
tients. Les représentants des associations
de patients/consommateurs font de très
bonnes suggestions, mais parfois, malheu-
reusement, parce qu'elles sont trop
«consommatrices» de ressources, ces
suggestions ne sont pas mises en oeuvre.
Un autre frein au développement de l'impli-
cation des patients est le manque de
connaissance des représentants des asso-
ciations de patients/consommateurs en ce
qui concerne la réglementation des médi-
caments, les tâches de l'afmps et les li-
mites de ses compétences. Cette mécon-
naissance peut également engendrer des
malentendus. Notre mission est détermi-
née par la réglementation et, parfois, nous
pouvons difficilement répondre aux at-
tentes des représentants des associations
de patients/consommateurs car le cadre
légal ne nous le permet pas (e.a. les exi-
gences de la règlementation de la vie
privée).
En quoi la formation des
représentants des patients
est-elle importante, voire
indispensable?
Xavier De Cuyper: Vu la vitesse d'innova-
tion et la complexité de plus en plus grande
des soins de santé et de leur réglementation
de manière générale, la formation des
représentants des associations de patients/
consommateurs doit très certainement
être considérée comme prioritaire.
Une initiative telle qu'Eupati (Académie
européenne de Patients sur l'Innovation
thérapeutique) mérite d'ailleurs assuré-
ment d'être applaudie.
Bien évidemment, la méconnaissance des
représentants des associations de patients/
consommateurs étant un frein dans le dé-
veloppement de leur implication, il va de
soi que leur fournir une bonne connais-
sance des domaines de compétences de
l'afmps et une expertise en matière d'auto-
risation des médicaments et des produits
de santé est un facteur de succès dans nos
échanges.
Y a-t-il un message sur
lequel vous souhaiteriez
insister?
Xavier De Cuyper: Les structures de
concertation et de dialogue avec les repré-
sentants des patients fonctionnent mais
peuvent certainement être améliorées et
basées sur l'interactivité.
L'afmps reste demandeuse et est ouverte à
toutes les suggestions car les médica-
ments et produits de santé utilisés par les
patients constituent notre préoccupation
permanente.
Vu la vitesse d'innovation et la complexité de plus en
plusgrande des soins de santé et de leur réglementation de
manière générale, la formation des représentants des
associations de patients/consommateurs doit très
certainement être considérée comme prioritaire.
Les structures de
concertation et de dialogue
avec les représentants
des patients fonctionnent
mais peuvent certainement
être améliorées et basées
sur l'interactivité.