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l
Neurone
·
Vol 18
·
N°5
·
2013
visualiser le nerf suprascapulaire sous le
ligament scapulaire transverse dans l'in-
cisure scapulaire. Le bloc permet d'in-
sensibiliser l'articulation de l'épaule
sans bloc moteur complet du bras.
Les blocs échoguidés des différents nerfs
de l'avant-bras peuvent être utilisés pour
le traitement de petites lésions de la
main (26). Les blocs du nerf radial, du
nerf cubital et du nerf médian peuvent
être envisagés pour la réduction de frac-
tures, l'exploration, la suture de bles-
sures de la main ou le drainage d'abcès.
L'échographie permet de visualiser les
nerfs directement, tout en réduisant les
risques d'injection vasculaire et en aug-
mentant les chances de réussite du bloc.
Le bloc radial supracondylien échogui-
dé, en proximal de la division du nerf en
branches profondes et superficielles au-
dessus du coude, peut être utilisé pour le
traitement des fractures radiales distales
(27), sans sédation profonde pour la
réduction, ni pose d'un plâtre.
Fractures de côtes et
traumatismes thoraciques
Un traumatisme thoracique avec frac-
tures costales multiples s'accompagne
de douleurs sévères. Une bonne analgé-
sie est importante pour le confort du pa-
tient, mais elle permet aussi de réduire
l'incidence des complications respira-
toires. Lorsque plus de 3 à 4 côtes sont
fracturées, l'analgésie régionale est plus
efficace que l'analgésie systémique.
En cas de fractures costales multiples, on
observe souvent des lésions pulmo-
naires. La douleur due aux fractures em-
pêche le patient de respirer efficacement
et la respiration devient plus superfi-
cielle. Il en résulte une atélectasie, ce
qui peut provoquer une pneumonie se-
condaire avec condensation pulmonaire.
L'insuffisance respiratoire, qui peut né-
cessiter une intubation et une ventilation
artificielle, est associée à des taux de
morbidité et de mortalité significatifs.
L'analgésie systémique n'est pas seule-
ment moins efficace que l'analgésie
régionale: il faut aussi noter que les opia-
cés dépriment la respiration, ce qui en-
traîne une augmentation des complica-
tions pulmonaires. Par ailleurs, en cas de
lésions associées à la tête, les opiacés
compliquent l'évaluation de l'état de
conscience.
Parmi les inconvénients de l'analgésie
régionale, on peut citer les difficultés
techniques qui peuvent être liées à l'in-
stallation du bloc, qui exige une certaine
coopération de la part du patient. Les
cathéters peuvent également être une
source d'infection et éventuellement se
déplacer. Les contre-indications de l'anal-
gésie régionale sont l'infection au point
de ponction, les infections systémiques
et les troubles de la coagulation (28).
Analgésie épidurale thoracique
Comme dans la chirurgie thoracique,
l'analgésie épidurale thoracique est su-
périeure à l'analgésie systémique pour le
contrôle de la douleur et la fonction res-
piratoire en cas de fractures costales
multiples. Le niveau de la ponction épi-
durale doit correspondre au niveau des
côtes fracturées. Le risque de LAST et de
pneumothorax accidentel est faible (28).
Les avantages de l'analgésie épidurale
thoracique en cas de fractures costales
multiples sont connus (29) et ont encore
été confirmés récemment (30). Une méta-
analyse comparative sur les effets de
l'analgésie épidurale et d'autres tech-
niques d'analgésie n'a cependant pu
constater aucune différence statistique-
ment significative sur le plan de la mor-
talité, du séjour aux soins intensifs ou de
la durée d'hospitalisation. L'analgésie
épidurale thoracique pratiquée à l'aide
d'anesthésiques locaux a toutefois été
associée à une réduction significative de
la durée de la ventilation artificielle par
rapport à l'analgésie par opiacés (31).
Les inconvénients de l'analgésie épidu-
rale thoracique se situent au niveau de la
difficulté d'installation, du risque de
ponction durale et de lésions de la
moelle épinière, de l'apparition d'un
bloc moteur et de l'hypotension. En cas
d'utilisation d'opiacés épiduraux, il
existe un risque de démangeaisons et de
rétention urinaire.
Les contre-indications en cas de trauma-
tisme sont l'hypotension et l'hypovolé-
mie, la baisse de l'état de conscience
(rendant impossible la coopération du
patient), les lésions de la tête et de la
moelle épinière, les infections systé-
miques et les troubles de la coagulation.
Bloc paravertébral thoracique
Le bloc paravertébral thoracique produit
un effet comparable à celui de l'analgé-
sie épidurale thoracique, mais de ma-
nière unilatérale (32). Il est plus facile à
installer d'un point de vue technique et
provoque moins de variations hémody-
namiques. Il peut donc être utilisé en cas
d'instabilité hémodynamique relative.
Les opiacés ne sont pas nécessaires, ce
qui permet d'éviter les démangeaisons et
la rétention urinaire.
Le bloc paravertébral thoracique im-
plique un faible risque de pneumothorax
et d'administration épidurale acciden-
telle de l'anesthésique local. En présence
de plus d'un cathéter, par exemple en
cas de bloc paravertébral bilatéral, la
dose totale d'anesthésique local doit être
contrôlée rigoureusement pour éviter le
risque de toxicité systémique (28). Le
recours à l'échographie peut faciliter
l'installation et améliorer la sécurité (33).
Bloc intercostal
Le bloc intercostal peut assurer une anal-
gésie adéquate pour une fracture de
côte, mais en cas de fractures multiples,
plusieurs ponctions sont nécessaires
pour couvrir la zone traumatique. Les
injections simples d'anesthésique local
procurent une analgésie de 4 à 8 heures,
suivant la durée d'action du produit
choisi. Pour les durées plus longues, il
faut placer des cathéters ou répéter les
injections. Chaque ponction implique