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Neurone
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Vol 18
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N°5
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2013
semble que les patients bien suivis aient
un taux de criminalité moindre à long
terme (Figure 3). Parallèlement, ils pour-
raient être moins enclins aux abus,
comme en témoigne un taux de taba-
gisme nettement moins élevé (7,1%
contre 19,6%) (15).
Quel(s) traitement(s) chez
l'adulte?
Outre les symptômes classiques du
TDA(H), il faut tenir compte chez l'adulte
de la dysfonction émotionnelle, que l'on
pourrait définir par la combinaison d'une
labilité émotionnelle avec perte de
contrôle par épisodes et d'une hyper-
réactivité émotionnelle, tous éléments
sur lesquels l'atomoxétine a montré un
potentiel intéressant (16), au même titre
que le méthylphénidate (17). Le jeu en
vaut la chandelle car chez l'adulte, 8 des
19 symptômes les plus fréquents sont de
type émotionnel (18), et ne doivent pas
être confondus avec certains des symp-
tômes que présentent les patients avec
trouble bipolaire, trouble de la person-
nalité ou syndrome anxio-dépressif.
«Quoi qu'il en soit, souligne Sandra
Kooij (Den Haag), la difficulté de traiter
un adulte réside dans le fait que tous les
produits que l'on peut proposer sont `
off
label'. Il est par ailleurs primordial de ne
pas oublier les traitements non médi-
camenteux: cognitivo-comportemental,
psychoéducatif, groupes d'entraide, lu-
minothérapie en cas de troubles du som-
meil...»
.
Les traitements stimulants, dont le méthyl-
phénidate, qui existe sous des formes à
courte et longue durée d'action, ont une
importance non négligeable, dans la
mesure où ils facilitent l'attention et l'ef-
ficacité de la psychothérapie, mais ils ne
peuvent entrer en compte qu'après avoir
traité les comorbidités: dépression, an-
xiété, bipolarité, etc. L'adulte est cepen-
dant difficile à soigner (19), dans la me-
sure où les prises médicamenteuses (de
méthylphénidate) sont plus fréquentes,
les oublis habituels et les rebonds qui
s'ensuivent handicapants au point que
les patients jugent habituellement le trai-
tement «pire que la maladie» (19). Ce
qui a largement contribué au développe-
ment de la forme à longue durée d'ac-
tion (20), dont l'efficacité se double ce-
pendant de certains effets secondaires à
suivre: troubles du sommeil, perte d'ap-
pétit, modifications de la pression arté-
rielle, tachycardie/palpitations, risque de
rebond à l'arrêt... Les contre-indications
Le TDA(H) de l'adulte en chiffres
·
15% des enfants avec TDAH remplissent les critères complets de la maladie
chez l'adulte à l'âge de 25 ans.
·
50% sont en rémission à l'âge de 25 ans.
·
Près des deux tiers des enfants conservent des symptômes «dérangeants» à
l'âge adulte.
·
La prévalence du TDA(H) de l'adulte est estimée à 2,5-4%.
·
L'héritabilité du TDA(H) varie de 0,6 à 0,95.
·
Les comorbidités psychiatriques sont extrêmement fréquentes (Figure 4).
P
a
tien
ts without a c
on
vic
tion (%)
100
80
60
40
20
0
0 1 2 3 4
Year
Treated women
Untreated women
Treated men
Untreated men
Figure 3: Fréquence des condamnations selon que les patients avec TDAH sont traités ou non.
La difficulté de traiter un adulte réside dans le fait que tous les
produits que l'on peut proposer sont «off label». Il est par ail-
leurs primordial de ne pas oublier les traitements non médica-
menteux: cognitivo-comportemental, psychoéducatif, groupes
d'entraide, luminothérapie en cas de troubles du sommeil...