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l
Neurone
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Vol 18
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N°5
·
2013
ACTUA
DSM-5 ET ICD11
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La sortie de la cinquième version du DSM, dite DSM-5, est prévue sous peu.
Abréviation de Diagnostic and Statistical Manual, et publié par l'American
Psychiatric Association, le DSM se veut un manuel de référence qui classifie et
catégorise des critères diagnostiques à propos des troubles mentaux afin
d'améliorer la recherche, l'épidémiologie et la pratique clinique. Il n'est
réellement utilisé dans sa codification médico-administrative que dans peu de
pays, les USA et l'Australie essentiellement. En Europe, la classification qui a la
plus cours est l'ICD (International Classification of Diseases), dont la version 11
est en cours de validation, document officiel de l'OMS et classification de toutes
les pathologies, pas uniquement des maladies mentales comme le DSM. Il a
cependant fait le buzz et l'objet d'une session spécifique «DSM-5/ICD-11: New
Diagnostic Approaches ­ Do they hold a Promise?», au cours du récent congrès
de l'European Psychiatric Association à Nice.
C'est par une «critique» assez acerbe que Erik Taylor (Londres), chairman de la ses-
sion, a ouvert les débats en rappelant d'une part que le DSM-5 n'est que l'oeuvre des
Américains, qui ne se soucient que fort peu de ce qui se passe dans les autres parties
du monde, et d'autre part, que depuis l'ère de la psychiatrie nouvelle introduite par
le DSM, il n'y a pas eu d'amélioration significative de la santé mentale des citoyens.
Pire, le DSM-IV TR et encore plus le DSM-5 à venir sont de plus en plus perçus dans
nos pays comme générateurs d'un coût sociétal exorbitant car ils favorisent les surdi-
agnostics en abaissant les seuils d'inclusion et provoquent une surmédicalisation par
la définition de nouveaux diagnostics. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du
bain. Que retenir?
«D'abord et avant tout, souligne Mario Maj (Naples), que les maladies psychiatriques
doivent se comprendre dans un continuum qui va par exemple de la simple tristesse
à la dépression, de `l'excitation' naturelle à l'hypomanie, des troubles de l'humeur
aux troubles psychotiques...»
Côté dépression, les deux systèmes de codification continuent à considérer qu'il
n'existe pas de différence taxonomique fondamentale entre tristesse et dépression
majeure, mais que la mélancolie devra rester un des piliers essentiels du diagnostic
de dépression majeure. C'est dans ce sens que la dépression liée au deuil ne diffère
en rien des dépressions provoquées par d'autres «stress» en termes de sévérité cli-
nique et de variables historiques ou sociodémographiques. Citant notamment Wake-
field et Schmitz (1), Mario Maj acquiesce avec la proposition du DSM-5 de retirer le
deuil des critères d'exclusion d'une dépression majeure, un retrait que ne propose
pas l'ICD-11, du moins pour les réactions de deuil normales en fonction des condi-
tions culturelles et individuelles.
Concernant l'hypomanie, la durée de l'épisode est inchangée tant dans le DSM-5 que
dans l'ICD-11 pour affirmer le diagnostic, un diagnostic qui requiert comme prére-
quis l'existence d'une augmentation perceptible d'activité et d'énergie. De plus,
l'hypomanie ne peut être un diagnostic isolé et doit toujours être considérée dans le
Dominique-Jean Bouilliez
N1942F