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syc-086-21ma
y2013
`Treating the symptom spectrum in bipolar mania', organisé par les laboratoires Lundbeck au
cours du 21
st
European Congress of Psychiatry, EPA 2013, Nice, 7 avril 2013
Avec l'asénapine (Sycrest
®
, Lundbeck),
on ouvre le champ des possibilités
thérapeutiques en cas de trouble
bipolaire
La haute prévalence des symptômes subsyndromiques est bien
réelle (1). Elle peut se définir par des troubles de l'humeur de
sévérité modérée (7) ou inférieure à la dépression mineure (8),
qui ne rencontrent pas tous les critères du DSM-IV (9), voire qui
les rencontrent mais durant une durée plus courte (10). Il existe
par ailleurs plusieurs types de symptômes subsyndromiques:
prodromes de l'épisode suivant, comorbidité d'un trouble de l'axe
I ou de l'axe II, cyclothymie interépisodique, symptômes résiduels
d'un épisode précédent, effet secondaire d'un traitement... (11).
Sur le long cours, ce sont les symptômes dépressifs qui carac-
térisent le mieux les symptômes subsyndromiques, ces derniers
étant en moyenne trois fois plus fréquents que les symptômes
de dépression majeure ou de manie (3). Ils sont également asso-
ciés à un appauvrissement de la qualité de vie et à une moindre
capacité fonctionnelle (12), «ce qui a conduit le DSM-5 à repen-
ser la notion de symptômes subsyndromiques (13)
, constate Allan
Young (Imperial College, Londres), la forme dépressive prédomi-
nant largement sur la forme maniaque (14)»
. Inversément, il est
frappant de constater que des symptômes maniaques subsyn-
dromiques sont présents chez plus de 50% des patients en phase
dépressive du trouble bipolaire (15).
Comorbidité et troubles fonctionnels rythment
leur quotidien
On ne peut donc négliger ces symptômes subsyndromiques,
d'autant que leur présence est associée à une prévalence élevée
de comorbidités (troubles panique, anxiété généralisée, autres
troubles anxieux...) (16). Par ailleurs, ces symptômes subsyn-
dromiques altèrent les capacités fonctionnelles professionnelles,
sociales ou familiales de manière significative, à une intensité ce-
pendant moindre qu'en cas de dépression sévère (10). De plus, les
facultés neurocognitives sont atteintes de manière significative
par rapport aux patients asymptomatiques (17). Enfin, si la pré-
sence de symptômes dépressifs au cours d'une phase maniaque
est associée à un taux très élevé d'idéation suicidaire par rapport
aux patients avec symptômes maniaques purs (18), le délai avant
réapparition d'un nouvel épisode dépressif est également extrê-
mement raccourci (19).
Toutes ces considérations ont conduit le DSM-5 à revoir ce qui
était auparavant une phase mixte. Celle-ci serait redéfinie soit
comme une phase maniaque ou hypomaniaque prédominante
selon les critères actuels avec une composante dépressive
(au moins 3 symptômes de type dépressif quasi tous les jours
au cours de l'épisode), soit comme une phase dépressive
prédominante avec une composante hypomaniaque (au
moins 3 symptômes maniaques quasi tous les jours au cours
de l'épisode) (20).
Les bénéfices de l'asénapine
«Les propriétés de l'asénapine sont spécifiques, remarque Her-
bert Meltzer (Nashville, USA): seul antipsychotique tétracyclique,
l'asénapine se distingue des autres antipsychotiques atypiques
par un profil pharmacologique particulier en agissant sur de mul-
Le trouble bipolaire, affection multidimensionnelle, est marqué par des phases subsyndromiques de grande
fréquence, un très haut taux de dépression et une chronicité importante (1). Cette chronicité se traduit également
par une fluctuation symptomatique élevée et un faible taux de rémission durable. De plus, le risque de rechute
à long terme reste élevé, notamment en cas de présence concomitante de symptômes du pôle opposé (1-3).
Dans ces conditions, disposer d'un produit efficace sur la phase maniaque et sur les symptômes dépressifs (4-6)
pouvant y être associés est un atout. Que possède l'asénapine.
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tiples récepteurs. Ceci lui permet d'être active sur les symptômes
dépressifs du fait de son action sur les récepteurs à la sérotonine
et sur les symptômes maniaques par son action sur les récepteurs
dopaminergiques, avec potentiellement peu d'effets délétères sur
la cognition. Elle a en outre la particularité de n'agir que très peu
sur les récepteurs muscariniques, ce qui en limite les effets secon-
daires anticholinergiques (21).»
L'asénapine a été incluse dans un programme d'études cli-
niques qui évaluait à court terme l'efficacité et la sécurité du
produit comparées en phase maniaque aiguë au placebo, avec
l'olanzapine comme bras de contrôle actif (ARES-3A et ARES-3B)
(22, 23). Les patients de ces deux études ont ensuite été suivis
à moyen terme, toujours en double aveugle, durant 9 semaines
(ARES-9) (24), puis à plus long terme durant 40 semaines sup-
plémentaires pour tester la sécurité et la tolérance de la molécule
(ARES-40) (25). «Ces études montrent tout d'abord la rapidité
d'action de l'asénapine, efficace significativement par rapport au
placebo dès le 2
e
jour (22), cet effet augmentant régulièrement
jusqu'au 21
e
jour, terme de la première période d'observation»,
remarque Heinz Grunze (Univ. Newcastle). L'asénapine assure
ainsi, au même titre que l'olanzapine, un taux élevé de rémis-
sion symptômatique (marquée par un score YMRS 12) proche
de 40% (22), et son efficacité sur les symptômes maniaques se
maintient jusqu'au terme de la première année (25). Il est remar-
quable par ailleurs de constater que le pourcentage de patients
sous asénapine montrant une apparition ou une aggravation de
symptômes dépressifs après 12 semaines reste très limité (24).
Quand les symptômes dépressifs sont présents
Un nombre important de patients des essais ARES-3A et -3B
présentaient simultanément des symptômes dépressifs en phase
maniaque aiguë (26). Ces symptômes ont été réduits de manière
significative dès la première semaine, améliorant également le
taux de rémission de la composante dépressive. Cette améliora-
tion est statistiquement significative par rapport à l'olanzapine
au jour 7 (p < 0,05) (26).
Dernier point, souligné par Heinz Grunze, l'association de l'asé-
napine au lithium ou au valproate améliore l'effet anti-maniaque
par rapport au thymorégulateur seul (27). L'asénapine s'avère
donc un adjuvant efficace en cas de réponse partielle au traite-
ment par lithium ou valproate (27).
En résumé
La présence de symptômes dépressifs associés à la phase ma-
niaque, que le DSM-5 qualifie à présent de symptômes subsyn-
dromiques, doit attirer l'attention car elle est génératrice d'une
baisse de qualité de vie et d'une moindre efficacité à long terme
des antipsychotiques. Dans ce contexte, l'asénapine, de par son
profil pharmacologique particulier, pourrait assurer une bonne
prise en charge de cette composante dépressive tout en possé-
dant une efficacité au moins équivalente à celle des autres anti-
psychotiques atypiques sur la phase maniaque.
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L'importance de la prise en compte des symptômes
syndromiques tient au fait que:
·
leur présence est très handicapante quand ils
sont associés à une hypomanie et/ou une dépres-
sion masquée;
·
leur détection précoce et leur prise en charge
peuvent prévenir l'émergence ou la ré-émergence
du trouble bipolaire.
Allan Young
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