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20
l
Neurone
·
Vol 18
·
N°5
·
2013
ACTUA
e
jacuLation
précoce
­
érection
précoce
?
Le DSM-IV a décrit 4 sous-types d'éjaculation prématurée: permanente (d'origine
neurobiologique) ou acquise (d'origine médico-psychologique), avec pour ces
deux formes un délai très court avant éjaculation, variable naturellement (avec
variations dites normales) et dysfonction éjaculatoire «premature-like» à forte
composante psychologique et culturelle (1). Ayant chacun leur propre étiologie,
leurs propres caractéristiques, pathogenèse et traitement, ces sous-types sont dé-
finis par le délai avant éjaculation, leur évolution avec le temps et la fréquence
des plaintes. Résumé d'une session consacrée aux troubles sexuels lors du
congrès de l'European Psychiatric Association à Nice le 7 avril dernier.
La prévalence de l'éjaculation précoce, que l'on appelle à présent prématurée, varie
entre 20 et 30% dans sa forme simple et entre 2 et 3% dans sa forme permanente ou
prolongée (1). «Cette variation importante est liée au fait qu'il s'agit d'une plainte, par-
fois difficile à objectiver et qui peut n'être qu'une simple variation de la latence normale
avant éjaculation»
, rappelle Marcel Waldinger (Den Haag). Dans cette mesure, une
définition stricte de l'éjaculation prématurée permanente s'impose. Il s'agit donc, selon
le document préparatoire au DSM-5, d'une éjaculation qui se produit très tôt lors de
chaque rapport, avec quasi toutes les partenaires et dont le début remonte la plupart du
temps au premier rapport. Cette éjaculation survient endéans les 30 secondes chez
80% des patients identifiés, 60 secondes chez 90% ou 90-120 secondes chez tous.
Cette précocité persiste tout au long de leur existence dans 70% des cas, et s'aggrave
souvent avec l'âge (30%). Enfin, les possibilités de retarder l'éjaculation sont faibles ou
absentes (2). Cette affection peut se traiter de manière continue avec un SSRI (paroxé-
tine 20mg, sertraline 50-100mg, citalopram 20mg) ou à la demande (dapoxétine 30-
60mg, clomipramine 20-40mg ou anesthésiques topiques), ces traitements retardant
l'éjaculation précoce mais ne la guérissant pas. Ils peuvent utilement être soutenus par
des traitements comportementaux (pincement de la base de la verge, technique de
l'arrêt répétitif ou «stop and go»), dont l'efficacité a été démontrée sur le court terme
uniquement (3). «Enfin, il reste encore plusieurs questions non résolues, poursuit-il:
pourquoi la rechute est-elle rapide à l'arrêt des SSRI alors que le moral est nettement
amélioré par le traitement? Pourquoi les patients sous SSRI pour éjaculation prématurée
Dominique-Jean Bouilliez
N1952F
Pourquoi la rechute est-elle rapide à l'arrêt des SSRI alors que
le moral est nettement amélioré par le traitement? Pourquoi les
patients sous SSRI pour éjaculation prématurée ne se plaignent
quasi pas de dysfonction érectile, alors que cette plainte est
fréquente chez les patients sous SSRI pour dépression?