sévères. L'analgésie représente donc une partie essentielle des soins, avant même l'instauration d'un traitement définitif (chirurgical ou conservateur) (4). Sur le plan de l'utilisation des analgésiques, des recherches récentes ont identifié des différences importantes entre les services d'urgences d'hôpitaux différents. Dans la majorité des cas, l'analgésie administrée aux patients traumatisés est insuffisante (5). Parfois, on parle même d'«hypo-analgésie» pour décrire la situation (6). Les analgésiques systémiques doivent parfois être évités en raison du statut hémo- dynamique et respiratoire des patients traumatisés. Par ailleurs, l'effet stupéfiant des opiacés systémiques peut compliquer l'évaluation de l'état de conscience. L'anesthésie régionale peut donc se révéler utile, même avant l'arrivée au bloc opéra- toire. Mise en place rapidement, une analgésie efficace peut faciliter et accroître le confort du transport et du premier accueil des patients, avec à la clé une réduction de la sécrétion des hormones de stress (7). Théoriquement, le meilleur contrôle de la douleur peut améliorer le résultat final pour le patient et diminuer l'incidence des syndromes de douleur chronique ou d'autres troubles de stress post-traumatique. dans la population âgée, chez qui l'utilisation d'opiacés systémiques n'est pas sans danger. Il a été prouvé que l'anesthésie régionale peut offrir un meilleur contrôle de la douleur, avec moins d'effets secondaires que l'analgésie systémique (8). Les techniques neuraxiales, comme le bloc épidural, donnent une très bonne analgé- sie pour les fractures de hanche, mais l'installation est difficile en raison du position- nement du patient et des effets secondaires hémodynamiques peuvent se produire en cas de bloc étendu. Il existe également un risque accru de complications neurolo- giques, en particulier chez les patients âgés (9). |