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EDITO
Neurone
Mensuel - 10x par an
(éditions spéciales incluses)
Neurone
est une publication
réservée aux neurologues,
psychiatres, neurochirurgiens
et spécialistes de la douleur
Tirage: 3.400 exemplaires
Rédacteurs
Jean-Emile Vanderheyden
Alex Van Nieuwenhove
neurone@rmnet.be
Rédacteur-adjoint
Pierre-Emmanuel Dumortier
Production
Laura Marlot
Coordination
Kris Heyvaert
Sales Manager
Catherine Motte
sales@rmnet.be
Publicité
Valérie Wets
Medical Director
Dominique-Jean Bouilliez
Editeur Responsable
Docteur V Leclercq
Abonnement annuel
abonnement@rmnet.be
120
Tous droits réservés, y compris la
traduction, même partiellement.
Paraît également en néerlandais.
L'éditeur ne pourra être tenu
pour responsable du contenu des articles
signés, qui engagent la
responsabilité de leurs auteurs.
En raison de l'évolution rapide de
la science médicale, l'éditeur
recommande une vérification
extérieure des attitudes
diagnostiques ou
thérapeutiques recommandées.
Copyright
Reflexion Medical Network
Avenue des Fougères 6
1950 Kraainem
02/785.07.20
3
l
Neurone
·
Vol 18
·
N°5
·
2013
N1939F
L
a
médecine
,
un
art
compLexe
basé
sur
La
science
et
Les
statistiques
,
mais
confronté
à
des
probLèmes
éthiques
!
Les congrès printaniers de Nice (EPA) et de Montpellier (JNLF) nous ont mis en contact
direct avec l'actualité éthique de la pratique médicale en France, particulièrement au
niveau psychiatrique et neurologique. La problématique est évidemment la même en
Belgique, mais les questionnements et les réflexions de nos collègues français pourraient
bien apporter un éclairage sur nos débats.
1. Quant à la fiabilité des examens techniques, particulièrement pour les examens
inutiles et coûteux
«La médecine, c'est d'abord la clinique et ensuite, les examens complémentaires!»
Il s'agit d'un adage bien connu et souvent répété. Malheureusement, par facilité parfois,
mais aussi par crainte de conflits, voire de procès, les examens complémentaires se
multiplient. En effet, les patients ressentent une angoisse concernant leur maladie ou
même une possible maladie suite à la disponibilité, notamment sur Internet, de nombreuses
informations, parfois anxiogènes, sur les complications des affections. En consultation, ils
réclament la réalisation d'examens et la prescription de traitements. Il est parfois difficile
de gérer la volonté de patients qui vous disent «j'ai payé ma mutuelle, j'y ai droit!» par
rapport à une pertinence des stratégies médicales qui voudraient limiter le recours aux
examens techniques. Hors l'aspect économique, basé sur le rapport coût/validité (selon
sensibilité et spécificité), cette limitation se justifie car les examens techniques sont
«opérateurs-dépendants» et peuvent parfois faire suspecter exagérément une pathologie
ou au contraire banaliser une image. Il faut donc continuer de promouvoir une conception
plus humaniste de la médecine, impliquant un sens critique vis-à-vis des résultats
techniques. En effet, les progrès sont tels dans la technicité, notamment en matière
d'imagerie médicale, qu'il devient désormais possible de voir des anomalies anatomiques
autrefois invisibles ou à des stades tellement précoces qu'on ignore même leurs
conséquences sur la santé. Ces anomalies ne sont donc pas nécessairement le signe d'une
maladie, même s'il ne s'agit pas d'une image normale pour une personne jeune, par
exemple, mais satisfaisante ou relativement banale pour une personne âgée. Il est donc
important de bien gérer l'information obtenue à travers les examens techniques et, sans
doute aussi, de limiter les examens inutiles favorisés par l'angoisse des patients. C'est ce
que l'Académie de Médecine française vient d'exprimer à nouveau dans un rapport
présenté ce 10 avril 2013.
Il est donc de plus en plus important et recommandé que le médecin puisse prendre le
temps d'analyser la situation afin de déterminer l'examen de laboratoire ou d'imagerie,