Kris Heyvaert direct avec l'actualité éthique de la pratique médicale en France, particulièrement au niveau psychiatrique et neurologique. La problématique est évidemment la même en Belgique, mais les questionnements et les réflexions de nos collègues français pourraient bien apporter un éclairage sur nos débats. Il s'agit d'un adage bien connu et souvent répété. Malheureusement, par facilité parfois, mais aussi par crainte de conflits, voire de procès, les examens complémentaires se multiplient. En effet, les patients ressentent une angoisse concernant leur maladie ou même une possible maladie suite à la disponibilité, notamment sur Internet, de nombreuses informations, parfois anxiogènes, sur les complications des affections. En consultation, ils réclament la réalisation d'examens et la prescription de traitements. Il est parfois difficile de gérer la volonté de patients qui vous disent «j'ai payé ma mutuelle, j'y ai droit!» par rapport à une pertinence des stratégies médicales qui voudraient limiter le recours aux examens techniques. Hors l'aspect économique, basé sur le rapport coût/validité (selon sensibilité et spécificité), cette limitation se justifie car les examens techniques sont «opérateurs-dépendants» et peuvent parfois faire suspecter exagérément une pathologie ou au contraire banaliser une image. Il faut donc continuer de promouvoir une conception plus humaniste de la médecine, impliquant un sens critique vis-à-vis des résultats techniques. En effet, les progrès sont tels dans la technicité, notamment en matière d'imagerie médicale, qu'il devient désormais possible de voir des anomalies anatomiques autrefois invisibles ou à des stades tellement précoces qu'on ignore même leurs conséquences sur la santé. Ces anomalies ne sont donc pas nécessairement le signe d'une maladie, même s'il ne s'agit pas d'une image normale pour une personne jeune, par exemple, mais satisfaisante ou relativement banale pour une personne âgée. Il est donc important de bien gérer l'information obtenue à travers les examens techniques et, sans doute aussi, de limiter les examens inutiles favorisés par l'angoisse des patients. C'est ce que l'Académie de Médecine française vient d'exprimer à nouveau dans un rapport présenté ce 10 avril 2013. temps d'analyser la situation afin de déterminer l'examen de laboratoire ou d'imagerie, |