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l
Neurone
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Vol 18
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N°5
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2013
66% de 197 patients traités avec le nata-
lizumab dans une étude américaine ont
rapporté plus de fatigue et de manque de
concentration depuis la troisième se-
maine après chaque administration et
jusqu'à l'infusion suivante («between the
doses phenomenon
») (6).
La prévalence des anticorps anti-JC virus
a été évaluée dans un registre multina-
tional. 57,1% des patients étaient posi-
tifs. Aucune association particulière avec
la durée de la maladie, le type ou la du-
rée du traitement n'a été mise en évi-
dence. La prévalence augmente avec
l'âge et les femmes sont moins fréquem-
ment infectées que les hommes (7). La
«JCV-PCR» dans le LCR peut revenir né-
gative au début de la Leuco-Encéphalo-
pathie Multifocale Progressive (LEMP),
infection opportuniste rare considérée
comme un effet secondaire du médica-
ment. Si le contexte clinique et radiolo-
gique est très évocateur du diagnostic,
des analyses répétitives doivent être ef-
fectuées. L'approche courante de la
LEMP consiste à effectuer une série de
plasmaphérèses pour éliminer rapide-
ment le natalizumab, suivie d'une corti-
cothérapie pour éviter l'IRIS (Immune
Reconstitution Inflammatory Syndrome
),
qui est la conséquence de la reconstitu-
tion brusque du système immunitaire.
Puisque ce dernier peut avoir des effets
plus délétères que la LEMP elle-même,
certains experts proposent d'éviter les
plasmaphérèses si la présentation cli-
nique et radiologique de la LEMP est dis-
crète. De l'étude de 242 cas de LEMP, on
a conclu que les patients qui ont survécu
étaient les plus jeunes et les moins han-
dicapés par leur sclérose en plaques. Le
handicap lié à la LEMP, modéré à sévère,
se stabilise au-delà de 6 mois (8).
Fingolimod
L'extension de l'étude phase III TRANS-
FORMS (fingolimod versus interféron
bêta-1a i.m.) sur 4,5 ans a confirmé les
résultats de l'étude de 2 ans concernant
l'efficacité et le profil de sécurité du mé-
dicament (9).
Une méta-analyse de l'effet cardiaque
du fingolimod chez des sujets des études
FREEDOMS, FREEDOMS II et TRANS-
FORMS a été effectuée. L'introduction
du traitement est associée à une baisse a
priori asymptomatique et transitoire de
la fréquence cardiaque touchant le nadir
entre 4 à 5 heures. Les blocs de conduc-
tion du deuxième degré (Mobitz I et 2:1
AVB) observés avec un Holter de 24
heures (FREEDOMS II) étaient bien plus
fréquents dans les six premières heures.
Aucun bloc de degré plus important n'a
été observé (10).
Traitements imminents: BG12
et tériflunomide
Les études DEFINE et CONFIRM ont
montré une supériorité du BG12 versus
placebo concernant le risque de pous-
sée, ainsi que l'évolution de l'IRM (lé-
sions T2 et Gd+) (11). ENDORSE, l'ex-
tension de ces études DEFINE et
CONFIRM, a confirmé les données par
rapport au profil de sécurité et à la tolé-
rance du BG12. Flush, diarrhée, douleur
abdominale, naso-pharyngite et éléva-
tion des enzymes hépatiques sont les ef-
fets secondaires les plus fréquemment
rapportés. L'incidence des interruptions
de traitement était la même pour le
groupe traité et le placebo (12). Une
augmentation du NQO1 ARNm, indica-
tive de l'activation du «Nrf2 pathway»,
est observée chez des patients traités
avec le BG-12 et suggère un effet anti-
oxydatif de la molécule. Chez les souris,
cet effet semble être transitoire et dose-
dépendant. Ce dernier élément pourrait
indiquer que l'administration du BG-12
deux fois par jour est plus optimale
qu'une seule fois (13).
La Tériflunomide est un immunosuppres-
seur sélectif, administré par voie orale,
qui semble bien inhiber l'expansion des
cellules T- et B- stimulées, par le blocage
d'une enzyme mitochondriale. Deux
études de phase III (TEMSO et TOWER)
ont démontré l'efficacité du médicament
versus placebo. Les effets secondaires le
plus fréquemment rapportés étaient:
céphalées, augmentation des enzymes
hépatiques, diarrhées, neutropénie, nau-
sées et amincissement des cheveux. Le
médicament est déjà disponible aux États-
Unis pour le traitement de la SEP (14).
Données nouvelles concernant
la grossesse et l'adolescence
Une étude australienne a montré que le
nombre des grossesses est inversement
proportionnel au risque d'un premier
épisode démyélinisant (15). Une étude
canadienne a suggéré que les femmes de
plus de 25 ans n'ayant pas eu de poussée
pendant les trois derniers mois courent
un risque d'une poussée en post-partum
plus faible (16). L'étude franco-italienne
POPARTMUS n'a pas pu montrer d'effet
d'une combinaison de progestine et es-
triol comme prévention des poussées en
post-partum (17).
800 femmes enceintes sous interféron
bêta-1a i.m. pendant la grossesse ont été
suivies dans le cadre du programme post-
marketing et du registre d'exposition aux
États-Unis. Le taux d'avortements sponta-
nés était comparable à celui de la popula-
tion générale. Aucun schéma spécifique
d'effets majeurs n'a été identifié (18, 19).
Le registre mondial concernant l'effet du
natalizumab sur la grossesse (362
femmes) est arrivé à la même conclusion,
mais la durée d'exposition à ce médica-
ment n'est pas connue (20).
Deux rapports d'un nombre total de 75
adolescents qui ont reçu du natalizumab
concluent à une efficacité et à un profil
de sécurité comparables à ceux de la
population générale (21, 22).
Perspectives thérapeutiques
Une étude de phase III a permis de mon-
trer que l'administration de l'acétate de