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l
Neurone
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Vol 18
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N°5
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2013
ne se plaignent quasi pas de dysfonction
érectile, alors que cette plainte est fré-
quente chez les patients sous SSRI pour
dépression?»
Mais un autre phénomène mérite que
l'on s'y attarde: décrite par Bernhard
Schapiro en 1943 déjà, l'érection pré-
coce, à la moindre stimulation sexuelle
et plus rapidement que souhaité (2), est
très fréquente chez les hommes avec éja-
culation prématurée permanente (50 à
60% des cas), et non lorsqu'elle est ac-
quise (4), probablement parce qu'en cas
d'érection précoce, il y a augmentation
de production d'ocytocine, une hor-
mone qui facilite l'éjaculation et l'érec-
tion chez l'animal (5). «Ce constat ouvre
la porte à de nouvelles perspectives
thérapeutiques»
, conclut Waldinger.
Un impact socio-économique
qu'il ne faudrait pas oublier
Le coût économique de cette pathologie
n'a pas encore été étudié. «Cependant,
explique Richard Balon (Detroit), le jour
où cela se fera, il ne faudra pas oublier
de comprendre dans ce calcul le poids
des comorbidités (anxiété, autres
troubles sexuels...) car ces patients,
outre la perte de satisfaction sexuelle,
perdent aussi confiance en eux, avec le
risque de difficultés interpersonnelles
chez eux et chez leurs partenaires que
cela engendre»
(Figure 1) (7). Un autre
point important à considérer dans ce
calcul est que la prévalence reste
constante à travers les âges, alors qu'elle
augmente dans d'autres pathologies
sexuelles comme la dysfonction érectile.
Cet aspect est compensé par le fait que
ces patients sont généralement en meil-
leure santé que les patients souffrant de
dysfonction érectile. Enfin, il faudra éva-
luer les bénéfices secondaires liés au
traitement (moins de coûts liés à un état
dépressif par exemple en cas de traite-
ment par SSRI...)
Références sur demande
L'effet placebo en sexologie:
une composante dont il faut tenir compte
·
La réponse au placebo en cas de dysfonction érectile est de l'ordre de 20
à 50%.
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Il existe une meilleure réponse au placebo en cas de dysfonction érectile
modérée d'origine récente.
·
Le placebo prolonge le délai avant éjaculation de 1,6 à 1,9 fois en cas
d'éjaculation prématurée.
·
Chez les femmes, l'effet placebo est plus grand en cas de troubles du
désir qu'en cas de troubles de l'excitation.
·
Les femmes mariées répondent mieux au placebo que les femmes
célibataires.
·
Les attentes et espoirs jouent un grand rôle dans l'importance de l'effet
placebo.
·
L'effet placebo explique probablement la redoutable efficacité de
nombreux traitements alternatifs (avocat, ginseng, corne de rhinocéros,
mangue, huîtres...) recensés dans la littérature.
·
Cet effet placebo rend difficile l'interprétation des résultats des études
cliniques.
Pr Zvi Zemishlany (Tel Aviv).
Problems with Partner Relationship
Ejaculatory Latency Time
Perceived Control over Ejaculation
Satisfaction with
Sexual Intercourse
Personal Distress
Related to Ejaculation
Interpersonal Di culty
Emotional
Distress
Figure 1: Le poids des comorbidités.