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l
Neurone
·
Vol 18
·
N°5
·
2013
Le Congrès s'étale sur 4 jours en com-
mençant le samedi après-midi par 8 ate-
liers consacrés entre autres au manage-
ment des troubles de l'alimentation, au
management du stress pour prévenir le
burn-out et à la façon de rédiger une
demande de subsides pour des projets
de recherche. Les 3 jours suivants sont
consacrés à des sessions académiques,
des communications libres et des posters
ouvrant tout le champ de la psychiatrie,
mais n'oubliant pas les aspects pratiques
pour les jeunes comme la rédaction d'ar-
ticles cliniques et scientifiques.
Le Congrès comprend également des
réunions de section s'intéressant à des
aspects précis de la psychiatrie comme
la médecine sexuelle, la psychiatrie des
étrangers, la psychiatrie culturelle, les
psychothérapies, les relations entre phi-
losophie et psychiatrie, les aspects épi-
démiologiques, la psychogériatrie, les
comportements addictifs...
Comment prévenir le burn-out
des psychiatres?
Nous nous sommes particulièrement in-
téressés à l'atelier concernant le mana-
gement du stress dans le but de prévenir
le burn-out tenu par Wulf Rössler (Photo)
(professeur de psychiatrie clinique et so-
ciale à l'Université de Zurich). Celui-ci
réunissait une vingtaine de participants
qui, après un exposé théorique, ont pu
à loisir rentrer dans une discussion inter-
active d'autant plus riche qu'il y avait
des psychiatres européens mais aussi
africains et sud-américains. Il définit le
burn-out selon les trois dimensions psy-
chologiques classiques: l'épuisement
émotionnel, la dépersonnalisation et la
réduction de l'accomplissement person-
nel. Par ailleurs, il insiste sur la notion de
burn-out dans un contexte social, où in-
terviennent trois niveaux interagissant
mutuellement: l'interpersonnel, l'organi-
sationnel et le sociétal. Il définit le burn-
out comme le résultat de stratégies non
productives pour contrôler les stresseurs
professionnels, ce qui aboutit à une perte
des ressources de la personne.

Comment faut-il dès lors prévenir le
burn-out? Il existe actuellement une aug-
mentation de contraintes, particulière-
ment dans les professions de la santé et
surtout de la santé psychique. Il existe un
aspect quantitatif de demandes en raison
de l'augmentation de la lourdeur de la
prise en charge (plus de patients et plus
de patients lourds à gérer) avec des res-
sources plus faibles en raison de la ré-
duction des moyens dans le contexte de
la crise. Comme Chabot, dans son livre
«Global Burn-out» (P.U.F. Paris 2013),
Rössler insiste sur les aspects organisa-
tionnels comportant les contraintes de
plus en plus importantes du travail et les
problèmes d'horaire avec nécessité de
travailler plus vite, le temps imparti pour
une consultation étant de plus en plus
réduit. Il existe également des aspects
qualitatifs, en raison des interactions
interpersonnelles, le psychiatre étant
confronté à la souffrance humaine, avec
un feedback positif plutôt rare et faible,
et par ailleurs, des patients pas toujours
compliants au traitement prescrit. Il faut
également tenir compte des interactions
entre l'organisation des soins, c'est-à-
dire la Direction, et le médecin, particu-
lièrement le psychiatre: cette Direction
n'est pas toujours liée clairement à une
seule personne, ce qui rend difficile de
rentrer en communication avec les ma-
nagers. Il est dès lors évidemment plus
facile et sans doute plus important dans
un premier temps d'agir surtout sur le
praticien et de lui donner les conseils
utiles, visant surtout à bien s'organiser et
à respecter des limites dans le travail au
profit d'autres activités valorisantes, pour
éviter l'évolution vers un burn-out.
Il est intéressant aussi de remarquer les
différences selon les pays et les cultures.
En effet, les participants venant de pays
comme l'Egypte, l'Iran, le Brésil ou le
Salvador ont signalé que le burn-out ve-
nait non seulement de la lourdeur du tra-
vail du psychiatre, de ses difficultés avec
sa direction, mais aussi, dans ces pays du
moins, du stress de la vie de tous les
jours qui fait que l'on rencontre particu-
lièrement de l'insécurité, voire de la vio-
lence dans les cités.
Wulf Rössler.
Les aspects organisationnels
menant au burn-out
comportent des problèmes
d'horaire avec nécessité de
travailler plus vite, le temps
imparti pour une consultation
étant de plus en plus réduit.
Une modification majeure va
apparaître dans le DSM-5
avec la suppression des
épisodes mixtes en tant que
tels. Ils seront remplacés par
des épisodes soit dépressifs
majeurs, soit maniaques,
avec des symptômes
appartenant à l'autre pôle.