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l
Neurone
·
Vol 18
·
N°5
·
2013
Les blocs nerveux périphériques ne pré-
sentent pas ces inconvénients. Les tech-
niques possibles sont le bloc fémoral et
le bloc ilio-fascial, qui peuvent tous les
deux être pratiqués chez les patients ali-
tés et qui n'ont aucune influence sur le
membre lésé, ce qui réduit les variations
hémodynamiques.
Bloc fémoral
Le bloc fémoral est déjà souvent utilisé
dans le traitement de la douleur postopé-
ratoire après réparation d'une fracture de
hanche. Le bloc «3 en 1» permet d'in-
sensibiliser à la fois le nerf fémoral, le
nerf obturateur et le nerf cutané latéral
avec une injection unique d'anesthé-
sique local (10). Il peut être réalisé grâce
à des repères anatomiques externes. En
se basant uniquement sur des repères
externes, il existe toutefois un risque
d'injection de l'anesthésique local dans
la veine ou l'artère fémorale, avec pour
conséquence une toxicité systémique
(LAST: Local Anesthetic Systemic Toxici-
ty
) (11). L'utilisation d'un neurostimula-
teur pour localiser le nerf réduit le risque
d'injection intravasculaire, mais les
contractions musculaires qu'il provoque
peuvent être douloureuses. Le guidage
échographique permet de diminuer la
douleur pendant l'installation du bloc
(12), qui peut ainsi être utilisé chez les
enfants (13).
En cas de traumatisme à haute énergie, il
faut s'assurer que le bloc fémoral ne
masque pas les symptômes d'un syn-
drome des loges de la cuisse (14).
Bloc ilio-fascial
Le bloc ilio-fascial offre une alternative
au bloc fémoral en cas de fracture du col
du fémur. Il est tout aussi efficace et il est
facile à apprendre pour les médecins
urgentistes, même sans connaissances
de base en anesthésie (15). Il s'agit
d'identifier l'espace ilio-fascial au moyen
d'une technique de double ressaut
(«double clic»), dans la mesure où l'ai-
guille doit franchir deux fascias et où
chaque ressaut signale le franchissement
d'un fascia. Il n'est pas nécessaire de re-
chercher le nerf, car l'anesthésique local
injecté se diffuse dans l'espace ilio-fas-
cial et insensibilise toutes les branches
du nerf fémoral qui y passent (15). La
diffusion vers le haut est favorisée par
l'application d'une pression manuelle en
distal du point d'injection.
Le guidage échographique peut être utile
lorsque la technique du double ressaut
est difficilement réalisable, par exemple
chez les enfants (16). Il améliore égale-
ment la réussite et l'efficacité du bloc
(17). Sous contrôle échographique, un
cathéter peut être laissé en place dans
l'espace ilio-fascial pour prolonger
l'anesthésie (18).
Autres blocs nerveux du
membre inférieur
Pour l'analgésie sous le niveau du ge-
nou, par exemple en cas de fracture ou
de blessure du pied, un bloc sciatique
poplité peut être réalisé (19). Normale-
ment, le patient doit être positionné en
décubitus ventral, mais on a également
décrit des techniques permettant l'instal-
lation en décubitus dorsal sous échogui-
dage (20).
Traumatismes de l'épaule et du
membre supérieur
Comme après une chirurgie de l'épaule,
les blocs régionaux du plexus brachial
sont utiles pour l'analgésie de l'épaule et
du membre supérieur après un trauma-
tisme. L'approche dépend du niveau de
la lésion et de l'accessibilité de l'inner-
vation.
Bloc interscalénique
Le bloc interscalénique offre une alter-
native à la sédation profonde pour la ré-
duction d'une épaule disloquée (21).
Pour une sédation profonde, le patient
doit être à jeun (6 heures pour les ali-
ments, 4 heures pour les boissons claires)
pour éviter une aspiration du contenu
gastrique. Il doit aussi être étroitement
surveillé pendant et après la procédure
en raison du risque de complications
respiratoires. Le bloc interscalénique
permet de raccourcir le séjour aux ur-
gences et nécessite des soins infirmiers
moins intensifs (22).
L'installation peut également être effec-
tuée sous échoguidage en l'absence de
neurostimulateur (23).
Autres blocs nerveux du
membre supérieur
Divers blocs sont possibles et différentes
techniques peuvent être employées dans
les services d'urgences.
Le bloc supraclaviculaire peut être utilisé
pour le traitement de fractures et de
luxations, ainsi que pour le drainage des
abcès du membre supérieur (24). Echo-
guidé, il peut offrir une alternative au
bloc interscalénique et être installé sans
neurostimulateur. Par rapport à l'ap-
proche interscalénique, il est associé à
une incidence plus faible de paralysie du
nerf phrénique et du nerf récurrent, ce
qui est un avantage chez certains pa-
tients. Le recours à l'échographie réduit
également le risque de ponction pleurale
ou vasculaire.
Le bloc suprascapulaire est une autre al-
ternative au bloc interscalénique pour la
réduction d'une épaule disloquée ou la
mobilisation d'une capsulite adhésive de
l'épaule (25). L'échographie permet de
Théoriquement, le meilleur contrôle de la douleur peut
améliorer le résultat final pour le patient et diminuer l'incidence
des syndromes de douleur chronique ou d'autres troubles
de stress post-traumatique.