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l
Neurone
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Vol 18
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N°5
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2013
serve un taux de rémission de 90% à 10
ans (Figure 1) (2), avec également une
forte proportion de rechutes et un fonc-
tionnement social loin d'être idéal. Mais
cette modification est difficile, raison
pour laquelle l'APA a décidé de se foca-
liser sur l'axe III.
Une reconceptualisation majeure des
troubles de la personnalité est ainsi pro-
posée: la définition générale de ces trou-
bles est modifiée, les troubles spécifiques
sont regroupés sous 7 types plutôt que
les 10 troubles précédents:
·
la personnalité antisociale;
·
la personnalité évitante;
·
la personnalité borderline (limite);
·
la personnalité narcissique;
·
la personnalité obsessionnelle-
compulsive;
·
la personnalité schizotypique;
·
et la personnalité sans trouble
spécifique.
Les troubles de la personnalité paranoïde,
histrionique, schizoïde et dépendante
sont par ailleurs abandonnés.
Le diagnostic d'un de ces types exigera
également une déficience importante
dans les deux domaines de fonc-
tionnement de la personnalité: le soi
(comment la personne se perçoit et iden-
tifie et poursuit des objectifs de vie) et
l'interpersonnel (la compréhension des
perspectives des autres et la formation de
relations proches).
Des traits de personnalité pathologiques
devront aussi être présents dans au
moins un des cinq grands domaines:
·
affectivité négative;
·
détachement;
·
antagonisme;
·
désinhibition vs compulsivité;
·
psychoticisme.
Les nouveaux critères proposés veulent
mieux refléter qu'un trouble de la per-
sonnalité est une question de degré
(plutôt que tout ou rien) et que le com-
portement peut changer à travers le
temps, mais que les traits de personnalité
tendent à demeurer stables.
Enfin, si la structure des critères des trou-
bles spécifiques est considérablement
modifiée, 5 niveaux de sévérité de fonc-
tionnement ont également été associés à
chacun de ces domaines.
PTSD dans l'ICD-11: étendre
les critères
Principale nouveauté de l'ICD-11, le
traumatisme n'est plus décrit unique-
ment comme un évènement de nature
exceptionnelle grave ou catastrophique,
susceptible d'entraîner une profonde dé-
tresse chez quiconque le subit, mais il
inclut la notion de chronicité, ou plutôt
l'aspect cumulatif de certaines situa-
tions: privation (de liberté notamment),
proximité d'attaques régulières à la
bombe...
Les symptômes ne se résument plus
uniquement aux flash-back de l'épisode
avec anhédonie, mais à la sensation de
revivre l'événement, y compris dans les
sensations physiques qu'il a procurées,
notamment dans les cauchemars, ainsi
qu'une impression d'hyperéveil à ces
sensations ou d'hypervigilance de per-
ception.
Dysfonctions sexuelles: tenir
compte de la durée et de la
sévérité des symptômes
Principale modification de la définition
dans le DSM, cette notion de durée et
d'intensité se double du retrait du paral-
lélisme entre sexes et du fait que la
présence d'un stress ou d'une difficulté
dans le couple ne fait plus automatique-
ment de ces troubles des dysfonctions
sexuelles. Ceci signifie que pour évo-
quer une dysfonction, il faut qu'elle soit
présente au moins dans 75% des occa-
sions avec activité sexuelle possible du-
rant 6 mois au moins.
Le HSDD (Hypoactice Sexual Desire
Disorder
), qui se manifesterait à un mo-
ment ou l'autre de la vie chez 29,6% des
femmes, ne serait fréquent que dans 7%
des cas (3), tandis que chez l'homme, si
13% s'en plaignent, 1,3% le rapportent
comme situation fréquente (4). Quoi
qu'il en soit, si l'on reprend la définition
du DSM-5, on retrouverait chez les per-
sonnes qui consultent pour un trouble
sexuel une perte d'intérêt pour la sexu-
alité de plus de 6 mois chez 10,2% des
femmes avec problèmes d'orgasme chez
3,7% (5), la même étude ayant montré
chez l'homme la présence d'une éjacu-
lation précoce dans 2,9% des cas. Une
étude multinationale largement prise en
compte par le DSM-5 montre que 2,5%
des hommes éjaculent endéans la 1,5
minute après l'intromission, 0,5% le fai-
sant après 54 secondes... (6), ce qui a
conduit à considérer le critère de la mi-
nute comme seuil avant une éjaculation
non souhaitée.
Enfin, dernier point à souligner, les trou-
bles du désir sexuel sont rarement isolés
et comportent une comorbidité impor-
tante, cause ou conséquence... (7).
Références sur demande
«D'abord et avant tout,
souligne Mario Maj (Naples),
les maladies psychiatriques
doivent se comprendre dans
un continuum qui va par
exemple de la simple tristesse
à la dépression, de
`l'excitation' naturelle à
l'hypomanie, des troubles de
l'humeur aux troubles
psychotiques...»