bral endommagé. Le principe selon le- quel les fonctions sont représentées dans des régions cérébrales spécifiques et se- lon lequel les lésions cérébrales affectent des fonctions localisées constitue depuis longtemps un point d'ancrage en pratique neurologique clinique. Toutefois, des troubles peuvent également survenir suite à des effets secondaires à distance de la lésion, à cause d'une atteinte fonction- nelle de territoires cérébraux structurelle- ment intacts, par exemple suite à une dé- connexion avec la lésion cérébrale (16). L'analyse du «diaschisis» au moyen de méthodes de connectivité fonctionnelle et structurelle peut aider à comprendre pourquoi des patients atteints d'une troubles qui ne peuvent facilement être imputés à la lésion elle-même (17). Une lésion sous-corticale, par exemple, peut induire plusieurs déficits dans différents domaines fonctionnels (18). Même une lésion focale située à la croisée de diffé- rents cordons de substance blanche peut provoquer de multiples déficits (19). montré qu'une lésion focale peut induire des anomalies physiologiques au niveau de l'activité intrinsèque de régions struc- turellement intactes, directement ou indi- rectement liées à la lésion. Ainsi, on ob- serve une réorganisation fonctionnelle au niveau du cortex moteur primaire chez des patients présentant un trouble moteur après un AVC sous-cortical (20). Lu et al. ont également démontré que la connecti- vité fonctionnelle entre le cervelet gauche et le cortex moteur droit est atteinte après un AVC dans le tronc cérébral droit, l'in- verse étant observé après un AVC dans le tronc cérébral gauche (21). L'utilisation de l'ICA sur des données d'IRMf au repos collectées auprès de patients victimes d'un AVC nous a permis de démontrer que le profil des modifications au niveau de la topographie des RSN dépend de la localisation de la lésion, mais aussi que delà de la lésion elle-même (8, 22). Les résultats indiquent que des lésions au ni- veau d'un noeud du réseau induisent des anomalies dans d'autres jonctions qui sont apparemment anatomiquement in- tactes. Il n'est toutefois pas simple de comprendre les mécanismes qui sous- tendent de telles anomalies. connectivité seed-based pour quantifier le degré d'atteinte des interactions entre des territoires spécifiques, et pour voir si ces interactions perturbées sont spécifi- quement liées aux troubles d'un patient. Ces études indiquent qu'un déséquilibre interhémisphérique est le facteur qui détermine les modifications comporte- mentales après une lésion cérébrale (17, 23). Une lésion peut par exemple dimi- nuer les influences inhibitrices dans des territoires homologues de l'autre hémi- sphère. Il semble même qu'une pertur- bation de l'interaction fonctionnelle entre les territoires moteurs gauche et droit soit à la base de certains troubles mo- teurs (24). Les interactions interhémi- sphériques semblent également jouer un rôle important dans l'attention spatiale, et des interactions réduites peuvent contribuer à une négligence hémispa- tiale. He et al. ont étudié les modi- fications au niveau du réseau dorsal et ventral de l'attention chez des patients souffrant de négligence après un AVC touchant l'hémisphère droit. Le degré de connectivité entre les cortex pariétal gauche et droit était corrélé avec la sévé- rité de la négligence hémispatiale (23). tients est naturellement liée à la nature de l'accident, mais aussi à la localisation anatomique et à l'étendue de la lésion. Il est en outre possible que différentes ré- gions corticales présentent des propriétés de connectivité différentes, et qu'un dom- mage touchant un territoire cérébral don- né induise une inhibition ou une désinhi- sation du territoire. Pour simuler les effets dynamiques de lésions dans différents territoires cérébraux, Alstott et al. ont dé- veloppé un modèle informatique qui uti- lise les connexions structurelles dans le cerveau (25). Ils ont observé que les lé- sions entraînent des types spécifiques de modification de la connectivité fonction- nelle entre les régions corticales, souvent dans les deux hémisphères. L'importance de ces effets dépendait de la localisation de la lésion et était partiellement prévi- sible sur la base des connexions structu- relles du territoire endommagé. Selon ce modèle, des lésions au niveau de la ligne médiane corticale et du cortex pariétal latéral induisent des modifications dif- fuses au niveau de la connectivité fonc- tionnelle, alors que les effets de lésions au niveau des régions sensorielles ou mo- trices primaires sont plus localisés. Ce modèle est précieux pour prédire les ef- fets d'une lésion et pour les relier aux conséquences sur le plan comportemen- tal. Le modèle ne tient cependant compte que des effets immédiats d'une lésion et il devrait être élargi aux mécanismes de plasticité neuronale à l'origine d'une réorganisation et d'une récupération fonctionnelle. connectivité fonctionnelle après un accident vasculaire cérébral une lésion cérébrale surviennent rapide- ment, et elles dépendent vraisemblable- ment des modifications au niveau des poids synaptiques des connexions exis- tantes, plutôt que de la création de nou- velles connexions. Après la phase aiguë, on observe une récupération progressive, sur la base de mécanismes neuronaux plus complexes, tels que le recrutement de territoires fonctionnellement homo- logues ou la formation de nouveaux réseaux neuronaux pour compenser la fonction du territoire cérébral endomma- |