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tiples récepteurs. Ceci lui permet d'être active sur les symptômes
dépressifs du fait de son action sur les récepteurs à la sérotonine
et sur les symptômes maniaques par son action sur les récepteurs
dopaminergiques, avec potentiellement peu d'effets délétères sur
la cognition. Elle a en outre la particularité de n'agir que très peu
sur les récepteurs muscariniques, ce qui en limite les effets secon-
daires anticholinergiques (21).»
L'asénapine a été incluse dans un programme d'études cli-
niques qui évaluait à court terme l'efficacité et la sécurité du
produit comparées en phase maniaque aiguë au placebo, avec
l'olanzapine comme bras de contrôle actif (ARES-3A et ARES-3B)
(22, 23). Les patients de ces deux études ont ensuite été suivis
à moyen terme, toujours en double aveugle, durant 9 semaines
(ARES-9) (24), puis à plus long terme durant 40 semaines sup-
plémentaires pour tester la sécurité et la tolérance de la molécule
(ARES-40) (25). «Ces études montrent tout d'abord la rapidité
d'action de l'asénapine, efficace significativement par rapport au
placebo dès le 2
e
jour (22), cet effet augmentant régulièrement
jusqu'au 21
e
jour, terme de la première période d'observation»,
remarque Heinz Grunze (Univ. Newcastle). L'asénapine assure
ainsi, au même titre que l'olanzapine, un taux élevé de rémis-
sion symptômatique (marquée par un score YMRS 12) proche
de 40% (22), et son efficacité sur les symptômes maniaques se
maintient jusqu'au terme de la première année (25). Il est remar-
quable par ailleurs de constater que le pourcentage de patients
sous asénapine montrant une apparition ou une aggravation de
symptômes dépressifs après 12 semaines reste très limité (24).
Quand les symptômes dépressifs sont présents
Un nombre important de patients des essais ARES-3A et -3B
présentaient simultanément des symptômes dépressifs en phase
maniaque aiguë (26). Ces symptômes ont été réduits de manière
significative dès la première semaine, améliorant également le
taux de rémission de la composante dépressive. Cette améliora-
tion est statistiquement significative par rapport à l'olanzapine
au jour 7 (p < 0,05) (26).
Dernier point, souligné par Heinz Grunze, l'association de l'asé-
napine au lithium ou au valproate améliore l'effet anti-maniaque
par rapport au thymorégulateur seul (27). L'asénapine s'avère
donc un adjuvant efficace en cas de réponse partielle au traite-
ment par lithium ou valproate (27).
En résumé
La présence de symptômes dépressifs associés à la phase ma-
niaque, que le DSM-5 qualifie à présent de symptômes subsyn-
dromiques, doit attirer l'attention car elle est génératrice d'une
baisse de qualité de vie et d'une moindre efficacité à long terme
des antipsychotiques. Dans ce contexte, l'asénapine, de par son
profil pharmacologique particulier, pourrait assurer une bonne
prise en charge de cette composante dépressive tout en possé-
dant une efficacité au moins équivalente à celle des autres anti-
psychotiques atypiques sur la phase maniaque.
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L'importance de la prise en compte des symptômes
syndromiques tient au fait que:
·
leur présence est très handicapante quand ils
sont associés à une hypomanie et/ou une dépres-
sion masquée;
·
leur détection précoce et leur prise en charge
peuvent prévenir l'émergence ou la ré-émergence
du trouble bipolaire.
Allan Young
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