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Skin
Vol 16
N°4
2013
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tion et de cicatrices dû à l'absorption par
la mélanine. La couleur du pigment joue
également un rôle. L'encre de tatouage
bleu-noir réagit bien à chacune de ces
longueurs d'onde. Le meilleur traite-
ment pour les couleurs rouges et jaunes
est le laser Nd:YAG doublé en fréquence
(532nm), indépendamment de la pro-
fondeur dans le derme. Pour les couleurs
vertes, l'idéal est le laser à rubis (694nm)
ou le laser Alexandrite (755nm) (12).
La densité d'énergie dépend du type de
peau du patient et de la couleur et de
la densité des particules pigmentées. La
durée des impulsions des lasers Q-swit-
ched
est fixe et ne doit donc faire l'objet
d'aucun réglage (10).
RÉJUVÉNATION CUTANÉE ET
RESURFACING (FIGURE 3)
En effet secondaire, la laserthérapie
cause des lésions thermiques du colla-
gène, ce qui provoque une stimulation,
un remodelage et une production de
collagène. La stimulation de la produc-
tion collagénique intradermique peut
entraîner un rajeunissement cutané,
avec amélioration de l'élastose solaire
et diminution de la perte de collagène
due au processus de vieillissement. L'eau
intradermique est le chromophore ciblé
par les lasers utilisés pour la réjuvénation
cutanée. L'absorption d'énergie produit
de la chaleur, qui stimule la néocollage-
nèse (13). Différents types de lasers,
avec différents paramètres et longueurs
d'onde, sont utilisés pour obtenir cet
effet.
Les lasers ablatifs, comme le laser CO
2
et le laser Er:YAG, sont les outils de
référence pour la réjuvénation cuta-
née. Le principe est basé sur l'ablation
à 100% de l'épiderme et la destruction
du derme par la chaleur, suivies par la
stimulation et le remodelage du colla-
gène. Ces traitements sont cliniquement
efficaces, mais ils nécessitent une longue
période de récupération post-opératoire
pour permettre la reconstruction de
l'épiderme et du derme superficiel. Ils
s'accompagnent d'un risque substantiel
d'infections, de cicatrices et de modifica-
tions pigmentaires (4, 14).
Pour éviter la destruction de l'épiderme
et réduire le risque d'effets secondaires,
des techniques de réjuvénation non abla-
tives ont également été utilisées (15). Le
LCP a été proposé à titre de technique
potentielle, mais les effets sont modestes
et probablement liés à la réduction de
l'érythème et des télangiectasies, sans
stimulation de la néocollagenèse (16).
La radiofréquence et les appareils infra-
rouges ont aussi été utilisés. Si ces tech-
niques permettent d'éviter l'ablation
épidermique, elles sont douloureuses et
offrent une efficacité limitée (10).
La photothermolyse fractionnelle (PF)
est un nouveau concept introduit par
Manstein et al. en 2004 (17). Cette tech-
nique a été spécifiquement développée
pour enrayer les effets secondaires des
lasers ablatifs et remédier à l'efficacité
limitée des lasers non ablatifs.
Le faisceau laser est divisé en colonnes
microscopiques, qui forment des zones
microscopiques d'impact thermique (MTZ)
entourées de zones spécifiques de peau in-
tacte (jusqu'à 95% de la peau totale).
La présence de ce tissu intact adjacent
entraîne une stimulation du remodeling
épidermique et dermique après un cer-
tain temps. Cette technique a le grand
avantage d'épargner les kératinocytes,
les cellules souches, les mélanocytes, les
cellules inflammatoires et leur capacité
de signalisation moléculaire. Initialement
associé à des lasers non ablatifs (NAFL),
le concept de PF a ensuite aussi été ap-
pliqué à des lasers ablatifs (AFL) (18).
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Resurfacing fractionné
ablatif
600-1.000 microns
Resurfacing
ablatif
(CO2 et Erb:YAG 2,94)
10-200 microns
Resurfacing fractionné
ablatif super ciel
(CO2 et Erb:YAG 2,94)
10-70 microns
Resurfacing fractionné
ablatif super ciel
(CO2 et Erb:YAG 2,94)
10-70 microns
Figure 3: Lasers utilisés pour la réjuvénation cutanée.
Source: http://www.laseroffers.com/fractional-photothermolysis-update
Dans les cas de malformations
capillaires, le traitement
par LCP est généralement
couronné de succès chez 60%
des patients.
Le LCP est également utilisé
dans le traitement de
certaines lésions cutanées
avec survascularisation,
notamment des cicatrices et
des verrues.