Skin
Vol 16
N°4
2013
24
- La dose effective est mesurée par un
luxomètre (Jeff/cm
2
).
- Les études démontrent que la dose,
pour être thérapeutique, doit être
supérieure à 8 Jeff/cm
2
(4).
LE PROTOCOLE RETENU EST
LE SUIVANT:
- préparation de la zone à traiter une
semaine avant le traitement en ap-
pliquant un kératolytique contenant
30% d'urée le soir;
- le jour du traitement: curetage des
lésions;
- application d'un écran solaire sur
toutes les zones exposées, incluant
les lésions (écran sans agents réflé-
chissants, comme l'oxyde de zinc
ou le dioxyde de titane filtrant les
ultraviolets mais pas la lumière vi-
sible), afin non seulement d'éduquer
le patient, mais surtout de prévenir
les brûlures et d'éviter de nouvelles
lésions, sans affecter l'efficacité de la
D-PDT;
- application de MAL sur 1mm d'épais-
seur, sans occlusion, 15min après
l'écran solaire;
- exposition de la zone traitée pendant
2h à la lumière du jour sans aucune
interruption (5);
- au terme de ces 2h, couvrir la zone
traitée afin qu'elle ne reçoive plus
d'illumination durant 48h.
Une réflexion supplémentaire émerge
dans ce traitement par D-PDT pour en
renforcer son efficacité: une microder-
mabrasion par «dermaroller» ou laser
CO
2
fractionné à faible intensité, en fo-
rant de petits puits dans la peau, permet
une plus grande absorption des produits
appliqués.
L'application de laser CO
2
juste avant
l'incubation de 3h par MAL va favoriser
une meilleure absorption de ce produit
et donc une plus grande efficacité du
traitement D-PDT. Cette technique est
déjà réalisée en France et semble faire
ses preuves.
QUELS EN SONT LES AVANTAGES?
- Du fait de l'absence d'occlusion et de
l'usage de la lumière du jour, la pro-
duction et la photoactivation de PpIX
se fait de façon continue (6), ce qui
diminue significativement la douleur.
- En comparaison avec la PDT conven-
tionnelle, qui nécessite parfois
d'interrompre momentanément le
traitement, de gérer la douleur en
réalisant une anesthésie locale, voire
des blocs nerveux, ou de préconiser
la prise d'antalgiques (7).
- Le résultat cosmétique est excellent,
avec le plus souvent seulement un
érythème.
- Allègement de la procédure: le
patient passe moins de temps en
consultation, le nombre de déplace-
ment est limité. Ce concept s'avère
de ce fait intéressant non seulement
chez les «organo-transplantés»,
mais également chez les personnes
âgées.
QUELS EN SONT LES
INCONVÉNIENTS?
- Le traitement est moins performant
lors des jours pluvieux ou lorsque la
température est inférieure à 12°C:
une température trop basse peut
baisser la production de PpIX et donc
restreindre les effets thérapeutiques.
- Influence de la latitude et de la sai-
son sur les PpIX. Une étude clinique
(8) montre que l'activation des PpIX
varie non seulement en fonction de
la localisation géographique, mais
également en fonction de la saison,
limitant, selon la latitude, la possibi-
lité d'exploiter pleinement cette pro-
cédure thérapeutique au fil des mois
(Tableau 2).
- À l'heure actuelle, la plupart des sui-
vis sont de 3 mois; il est donc néces-
saire de disposer d'études cliniques
avec un plus long recul.
- La dose minimale de D-PDT devra
être déterminée sous toutes les lati-
tudes et conditions atmosphériques.
Références
1.
Braathen LR, Szeimies RM, Basset-Seguin N, et al. Guidelines
on the use of photodynac therapy for nonmelanomaskin cancer:
an international consensus. International Society for photo-
dynamic Therapy in dermatology, 2005. J AM Acad Dermatol
2007;56:125-43.
2.
Wiegell SR, Wulf HC, Czeimies R-M, et al. Daylight pthotody-
namic therapy for actinic keratosis: an international consensus/
International Society for Photodynamic therapy in Dermatology.
J Eur Acad Dermatol Venereol 2012;26:673-9.
3.
Braathen LR. Daylight photodynamic therapy in private prac-
tice in Switzerland: gain without pain. Acta Derm Venereol
2012;92(6):652-3.
4.
Wiegell SR, et al. Daylight-mediated photodynamic therapy
of moderate to thick actinic keratoses of the face and scalp: a
randomized multicentre study. Br J Dermatol 2012;166(6):
1327-32.
5.
Wiegell SR, et al. A randomized, multicentre study of directed
daylight exposure times of 1½ vs. 2½ h in daylight-mediated
photodynamic therapy with methyl aminolaevulinate in patients
with multiple thin actinic keratoses of the face and scalp. Br J
Dermatol 2011;164(5):1083-90.
6.
Wiegell SR, Haerdersdal M, Eriiksen P, et al. Continous acti-
vation of PpIX by daylight is as effective as and painfull than
conventional photodynamic therapy for actinic keratosis- a
randomized, controlled study. Br J Dermatol 2008;158:740-46.
7.
Halldin CB, Paoli J, Sandberg C, et al. Nerve blocks enable
adequate pain relief during topical photodynamic therapy of
field cancerization on the forehead and scalp. Br J Dermatol
2009;160:795800.
8.
Wiegell SR, et al. Weather conditions and daylight-mediated
photodynamic therapy: protoporphyrin IX-weighted daylight
doses measured in six geographical locations. Br J Dermatol
2013;168(1):186-9&.
Tableau 2: Période de traitement selon la localisation géographique et en fonction de la saison.
Norvège, Islande
Avril à fin septembre
Danemark, Italie
Avril à fin octobre
Italie
Avril à fin novembre
Israël
Toute l'année
Pour la D-PDT, le minimum
devrait être de 100.000 lux
pendant 2h et la dose totale
effective de 41J/cm
2
en
raison de l'activation par le
vert et le bleu. Des modèles
météorologiques sont utilisés
pour calculer la dose effective
tout au long de l'année: des
dosimètres électroniques sont
placés en différents lieux pour
mesurer cette dose.