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Vol 16
N°4
2013
33
contre-indiquée. Il donne un risque accru
de fausse couche, de micrognathie, de
retard de développement, de crânio-
sténose, d'oreilles d'implantation basse,
d'anomalies des membres et de retard
de croissance (8, 10, 21). La grossesse est
contre-indiquée dans les 1 à 3 mois qui
suivent l'arrêt de la molécule. Le métho-
trexate est également contre-indiqué
durant la période de lactation.
La ciclosporine est de classe C. Son uti-
lisation chez les femmes enceintes ayant
subi antérieurement une transplantation
rénale et traitées par ciclosporine est fré-
quente et seuls des cas de faible poids à
la naissance et de naissance prématurée
ont été notés. Aucune anomalie congé-
nitale n'a été attribuée à la ciclosporine.
Pour les patientes enceintes, l'avan-
tage de l'utilisation de la ciclosporine
l'emporte sur les risques théoriques et
semble être sans danger pour le foetus (7,
10). L'allaitement est quant à lui contro-
versé. Antérieurement contre-indiqué,
certaines études tendent à démontrer
son utilisation possible durant l'allaite-
ment étant donné les faibles concen-
trations retrouvées dans le lait maternel
(< 1%) (22, 23).
Le psoralène est de classe C. Il est non
recommandé durant la grossesse ou
la lactation. Une étude sur 31 femmes
enceintes exposées à la PUVA a été réali-
sée et aucune preuve d'augmentation du
risque de malformations majeures ou de
mort in utero n'a été démontrée (24).
Les UVB constituent un traitement rela-
tivement sûr durant la grossesse et l'al-
laitement. Il n'est pas considéré comme
dangereux pour l'embryon ou le foetus
car il ne peut pas pénétrer au-delà des
couches superficielles de la peau (1, 2).
La surchauffe pendant le traitement doit
être évitée en raison d'une augmenta-
tion du risque d'anomalie de formation
du tube neural dans les 28 premiers jours
de gestation (2).
Les agents biologiques sont de classe B.
Aucun risque congénital spécifique de
malformation n'a été attribué durant toute
la grossesse, mais il existe peu de données
actuellement. Il faut bien peser le rapport
risque/bénéfice pour l'utilisation de ces
agents durant la grossesse (2, 11, 25).
DERMATITE ATOPIQUE ET PRURIT
Les corticoïdes systémiques sont de
classe C. Les données chez les femmes
enceintes traitées par corticoïdes, quelles
que soient la molécule et la voie d'admi-
nistration, sont rassurantes. Les publi-
cations sont nombreuses et le recul est
important (7, 8). Le passage placentaire
est de l'ordre de 40%.
Il y a un risque potentiel de RCIU avec de
hautes doses de corticostéroïdes durant
le troisième trimestre de grossesse. Le re-
tentissement sur la surrénale néonatale
est peu probable avec un traitement à
dose d'entretien (de 4 à 12mg/j) par mé-
thylprednisolone en cours de grossesse.
Pour des posologies maternelles infé-
rieures à 50mg/j de prednisone ou pred-
nisolone, les concentrations dans le lait
sont le plus souvent négligeables 3 à 4
heures après la prise maternelle.
Le mycophénolate mofétil est de classe
D. Il augmente le risque de fausse couche
et de certaines malformations congéni-
tales aux membres, au coeur, aux reins,
à l'oreille externe, à l'oesophage, ainsi
qu'à la fente labio-palatine. Son admi-
nistration durant la grossesse est contre-
indiquée. Des mesures contraceptives
doivent être prises par la femme en âge
de procréer avant, pendant et durant les
6 semaines suivant l'arrêt du traitement.
Il est également contre-indiqué durant
l'allaitement (8, 26).
La plupart des antihistaminiques (cétiri-
zine, desloratadine,...) sont de classe B
et utilisables durant toute la grossesse.
Attention à l'effet sédatif de certains
antihistaminiques sur les nouveau-nés
de mères qui allaitent (1, 2).
LES ANTIFONGIQUES
Les antifongiques oraux présentent plus
de risques que les agents topiques. Il y
a peu de données concernant leur utili-
sation durant la grossesse et ils doivent
donc être évités.
La terbinafine est un médicament de
catégorie B et représente le traitement
systémique de choix pour une infection
à dermatophyte pendant la grossesse
nécessitant un traitement systémique.
La griséofulvine et les imidazoles sont
tous de catégorie C.
Dans les études animales, la griséofulvine
a montré un risque accru d'anomalie du
squelette et du SNC, ainsi que des morts
in utero. Certaines études indiquent éga-
lement un risque accru de jumeaux sia-
mois.
Le kétoconazole peut inhiber la synthèse
des androgènes, ce qui augmente le
risque d'ambiguïté sexuelle pour les foe-
tus de sexe masculin. Il peut également
altérer la sécrétion de progestérone et
interférer avec la grossesse précoce et
l'implantation.
L'itraconazole et le fluconazole, de caté-
gorie C, ont fait l'objet de vastes études
Tableau 4: Traitements systémiques utilisés dans l'acné et la rosacée.
Molécule
Classe FDA
Période à haut risque
Tétracycline
D
2
e
et 3
e
trimestres
Erythromycine
B
1
er
trimestre
Isotrétinoïne
X
Toute la grossesse
Anti-androgènes
C
Entre la 8
e
et la 17
e
semaine de grossesse
Tableau 5: Traitements systémiques utilisés dans le psoriasis.
Molécule
Classe FDA
Période à haut risque
Acitrétine
X
Toute la grossesse
Méthotrexate
X
Toute la grossesse
Ciclosporine
C
Non
PUVA
C
Toute la grossesse
UVB
/
28 premiers jours
Agents biologiques
B
Non