background image
Zelboraf, un inhibiteur du BRAF, augmente la survie des
patients atteints d'un mélanome métastatique. La qualité
du test utilisé pour la recherche de la mutation BRAF est
prépondérante pour identifier les patients qui peuvent re-
cevoir la molécule. L'expérience en pratique quotidienne
tend à confirmer le bénéfice rapporté dans la littérature.
Les possibles manifestations cutanées indésirables ne
posent généralement pas de difficulté majeure.
Comme l'explique le Docteur Catherine Sibille (Institut Jules Bordet,
Bruxelles), l'activation des MAP kinases joue un rôle déterminant dans le
développement du mélanome sur le plan moléculaire.
Dans la voie RAS-RAF, une des voies d'activation des MAP kinases, les
récepteurs à activité tyrosine kinase sont activés par des facteurs de
croissance. Ils entraînent à leur tour l'activation des protéines RAS et BRAF
(1). La cascade de phosphorylation se poursuit et aboutit à la transmission
d'un signal de prolifération vers le noyau. Dans les conditions normales,
l'absence de facteurs de croissance interrompt la prolifération lorsque
celle-ci n'est pas nécessaire (2).
Dans le mélanome, la voie BRAF est constamment activée lorsque la
protéine BRAF est mutée (1). La prolifération cellulaire n'est plus régie
par les facteurs de croissance. Ce processus non contrôlé résulte d'une
mutation retrouvée dans environ 50% des mélanomes (1, 3).
La mutation V600E est la plus répandue des mutations du gène BRAF
puisqu'elle en représente 97% (4). Le Zelboraf est capable d'interrompre
le signal envoyé par le BRAF muté (5), quel que soit le type de mutation.
La recherche des mutations BRAF
requiert des tests de qualité
Dans l'étude BRIM-2, le statut mutationnel était déterminé en utilisant
un test par PCR, en l'occurrence le test de mutation cobas
®
. Sur les 132
patients avec un mélanome présentant une mutation BRAF
V600
qui ont été
enrôlés dans l'étude (Figure), Bloom et al. ont, rétrospectivement, réalisé
un séquençage selon la méthode Sanger.
Il est ainsi apparu que la méthode Sanger avait donné des résultats
invalides pour 15 échantillons (11,4%). L'analyse ultérieure de ces
échantillons non valides par une méthode de séquençage à haut débit
a montré que parmi les 15 résultats non valides avec la méthode Sanger,
1 concernait en réalité une mutation V600K et 14 une mutation V600E.
Par ailleurs, 11 échantillons (8%) avaient été classés comme «wild type»
par la méthode de séquençage Sanger. L'analyse par la méthode de
séquençage à haut débit a révélé qu'ils présentaient tous une mutation
V600E. Il s'agissait donc de faux négatifs.
Les auteurs en concluent que le test de mutation par PCR utilisé dans
les études Zelboraf (test de mutation cobas
®
) est plus sensible et plus
fiable que la méthode Sanger, laquelle pourrait conduire à renoncer
au traitement chez des patients qui sont pourtant candidats pour un
traitement par le Zelboraf.
D'autres facteurs peuvent être source d'erreur, comme l'isolement
imparfait de l'ADN, situation qui devrait conduire le plus rapidement
possible à un nouveau prélèvement. Le choix entre tissu archivé et tissu
frais est influencé par la méthode de test utilisée dans le laboratoire.
Enfin, la recherche d'une mutation BRAF devrait avoir lieu chez tous les
patients dès le stade de métastases ganglionnaires.
Belgian Ring Trial, une nouvelle
initiative
L'optimisation des pratiques pourrait passer par une analyse croisée entre
les laboratoires afin de vérifier la concordance des résultats et d'évaluer
le délai avant réponse ainsi que la qualité du reporting. Ceci permettrait
d'améliorer l'interprétation des tests, de définir des valeurs-seuils et
d'affiner les recommandations, dans l'intérêt des patients auxquels
les traitements actuels, performants mais sans être dénués d'effets
indésirables et associés à un coût pour la collectivité, sont destinés. Le
Docteur Sibille a lancé l'idée d'organiser un «Ring Trial» belge qui serait
anonyme.
MÉLANOME MÉTASTATIQUE
Zelboraf
®
(vemurafenib) change
le cours de la maladie
ONC267F
La mutation du gène BRAF, observée dans
50% des mélanomes, conduit à une résistance
à l'apoptose et, en association avec d'autres
événements mutationnels, à une prolifération
incontrôlée des mélanocytes.
SC200F.indd 1
27/09/13 14:40