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Skin
Vol 16
N°4
2013
15
photothérapie NB UVB 311nm chez des
patients souffrant de vitiligo a été menée
à l'UZ Gent en 2011 (9). Onze patients
ont pris part à cette étude. Chez chacun
d'eux, 3 lésions ont été sélectionnées
et respectivement traitées par MEL, par
photothérapie NB UVB et au moyen
d'un placebo pendant 24 séances. La
repigmentation a été évaluée en mesu-
rant la surface des lésions. Cette étude
a permis de prouver l'efficacité de la
thérapie NB UVB dans le cadre du trai-
tement du vitiligo. Les chercheurs ont
par ailleurs constaté que la MEL 308nm
n'était pas supérieure à la NB UVB, ni au
placebo. Avec la NB UVB, ils ont observé
une repigmentation après en moyenne
9,8 séances de traitement chez 73%
des patients, ainsi qu'une dose cumulée
de 8,1J/cm
2
. En revanche, avec la MEL,
seuls 64% des patients présentaient
une repigmentation après 13 séances de
traitement et la dose cumulée moyenne
s'élevait à 12,9J/cm
2
.
Cette étude montre que la NB UVB loca-
lisée est efficace dans le traitement du
vitiligo. À l'avenir, elle devrait être envi-
sagée comme l'une des possibilités de
traitement pour les patients présentant
un vitiligo localisé. Il s'agit d'une tech-
nique accessible et moins coûteuse que
la MEL. Dans cette étude, la thérapie NB
UVB localisée s'est révélée supérieure
à la MEL, contrairement à ce que nous
avons trouvé dans la littérature (9). Cela
pourrait s'expliquer par les différences
de protocoles de traitement et de doses,
les différences au niveau du système de
mesure de la repigmentation et la petite
population de patients (9).
CONCLUSION
La thérapie UVB est une option théra-
peutique majeure pour le vitiligo. Il s'agit
d'une modalité de traitement relative-
ment sûre, avec une faible incidence d'ef-
fets secondaires sévères, mais son effica-
cité est variable. Dans plusieurs études,
la photothérapie ciblée par MEL 308nm
a donné des résultats prometteurs, avec
une repigmentation plus rapide qu'en
cas de NB UVB et un profil d'innocuité
favorable. Étant donné la grande variabi-
lité des résultats, il est conseillé de choi-
sir le traitement en concertation avec le
patient. Chez les personnes vulnérables
comme les enfants et les patients à la
peau endommagée par le soleil et/ou
ayant déjà suivi une thérapie par UVB
de longue durée, il convient d'envisager
la MEL en raison de sa dose cumulée
d'UV inférieure. D'autres études incluant
davantage de patients devront être réali-
sées afin d'identifier les différences entre
la MEL 308nm et la thérapie NB UVB
localisée.
ATTÉNUATION DES CICATRICES
PAR LASER (TABLEAU 2)
La cicatrisation est une réaction biolo-
gique normale à un dommage tissulaire.
Une cicatrisation anormale survient à la
suite d'un problème dans le processus
de guérison des lésions après une inter-
vention chirurgicale ou un processus
inflammatoire. Les cicatrices peuvent
causer des problèmes d'ordre physique,
psychologique et esthétique. Au cours
de l'histoire, plusieurs traitements ont
été développés pour atténuer les cica-
trices. Nous donnons un aperçu des
possibilités thérapeutiques offertes par
la laserthérapie dans le traitement des
cicatrices.
CICATRICES HYPERTROPHIQUES
ET CHÉLOÏDES
Les cicatrices hypertrophiques (CHT)
sont de grandes cicatrices rouges en
relief, caractérisées par une production
excessive de collagène (10). Elles se dé-
veloppent généralement dans le premier
mois suivant la lésion initiale et peuvent
régresser au fil du temps. Les chéloïdes
sont, quant à elles, des cicatrices nodu-
laires en relief de couleur rouge violacé
qui sont plus volumineuses que les CHT.
Un trouble héréditaire du métabolisme
du collagène est à l'origine d'une phase
de prolifération plus longue, qui donne
lieu, au final, à la formation de gros fais-
ceaux de collagène hyalinisé ressemblant
à des CHT, à la différence que les ché-
loïdes s'étendent au-delà des limites de
la lésion d'origine et ne régressent pas
au fil du temps. Ces dernières années,
plusieurs lasers ont été évalués et uti-
lisés pour le traitement des CHT et des
chéloïdes, dont les lasers CO
2
et Er:YAG,
les lasers de resurfacing fractionnés abla-
tifs et non ablatifs, et le PDL (Pulsed Dye
Laser
).
PULSED DYE LASER
Le PDL est le laser non ablatif le plus
utilisé pour l'atténuation des cicatrices
hypertrophiques et des chéloïdes. Alster
et al. ont décrit une amélioration de la
texture et de l'aspect clinique de cica-
trices érythémateuses et hypertrophiques
après 1 ou 2 séances de traitement avec
le PDL. Les chéloïdes très en relief s'atté-
nuent très légèrement avec le PDL 585nm
en monothérapie, mais réagissent mieux
lorsque le traitement au laser est com-
biné avec des injections intralésionnelles
de corticostéroïdes ou de 5-fluoro-ura-
cile. Les paramètres postulés pour le trai-
tement des cicatrices hypertrophiques
et des chéloïdes au moyen du laser PDL
585nm sont les suivants: impulsions ne se
chevauchant pas avec densité d'énergie
de 6-7,5J/cm
2
et spot de 7mm ou den-
sité d'énergie de 4,5-5,5J/cm
2
et spot de
10mm. Pour le traitement des cicatrices
sur les peaux foncées ou à des endroits
sensibles, la densité d'énergie est abaissée
de 10% (11). Le principal effet secondaire
du PDL est l'apparition d'un purpura, qui
peut persister quelques jours, voire plu-
sieurs semaines. Les traitements par PDL
se suivent à un intervalle de 6 à 8 se-
maines. Chez les patients à la peau foncée,
on allonge cet intervalle afin d'éviter une
hyperpigmentation post-inflammatoire
(11, 12).
LASERS CO
2
ET ER:YAG
Le resurfacing par laser ablatif CO
2
ou
Er:YAG constitue une autre option pour
le traitement des cicatrices. Pour les cica-
trices chirurgicales et post-traumatiques,
le résultat est meilleur lorsque le resurfa-
cing est réalisé dans les 6 à 10 semaines
suivant le traumatisme. Le resurfacing
des contours de la lésion immédiate-
ment après l'intervention donnerait
également un résultat plus esthétique
(13). Les principaux effets secondaires du
resurfacing par laser ablatif sont les sui-
vants: erythème, troubles de la pigmen-
tation et éruptions acnéiformes.
LASER FRACTIONNÉ NON ABLATIF
(NAFL)
Le NAFL est la dernière technique à avoir
fait son entrée dans le traitement des
cicatrices hypertrophiques. Les dispositifs
NAFL ont été approuvés par la FDA pour
le traitement des cicatrices d'acné et post-
chirurgicales, mais sont également utilisés