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Vol 16
N°4
2013
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INTRODUCTION
Le mot «laser» est l'acronyme de l'an-
glais «Light Amplification by Stimulated
Emission of Radiation
». Le développe-
ment des lasers a représenté un progrès
majeur en termes de possibilités théra-
peutiques en dermatologie. La laserthé-
rapie a évolué rapidement, du premier
laser à rubis en 1960 aux différentes
technologies disponibles aujourd'hui. Vu
la multiplication des lasers, il est de plus
en plus nécessaire de posséder une com-
préhension complète des technologies
sous-jacentes. Pour pouvoir proposer aux
patients les traitements les meilleurs et
les plus sûrs, le praticien doit impérati-
vement disposer de connaissances théo-
riques suffisantes qui lui permettent de
choisir le bon laser, mais aussi les bons
paramètres.
DÉVELOPPEMENT
En 1917, Albert Einstein avait déjà jeté
les bases théoriques du laser dans son
article «Zur Quantumtheorie der Stra-
hlung»
(«De la théorie quantique des
radiations»). Sur la base de la loi de ra-
diation de Planck, il élabora le concept
théorique de «déplacement de lumière
en ondes de particules (photons)» et
d'«émission stimulée».
En 1954, Townes, puis Basov et Prokho-
rov développèrent le premier maser
(Microwave Amplification by Stimulated
Emission of Radiation
), le précurseur du
laser. Il fallut attendre 1958 pour que
Townes et Schawlow publient le premier
projet détaillé de fabrication d'un maser
optique (plus tard appelé laser) (1). Le
terme «laser» fut introduit par Gordon
Gould en 1959. En 1960, Maiman déve-
loppa le premier laser fonctionnel: un
laser à rubis pulsé, qui fut utilisé pour
la première fois dans un cadre médical
en 1963 pour la coagulation de lésions
rétiniennes. Le développement de lasers
à argon et CO
2
suivit rapidement. Ce
n'est qu'en 1983, avec la publication de
la théorie de la photothermolyse sélec-
tive, qu'une réponse put être apportée
à de nombreuses questions sur les in-
teractions entre la lumière laser et les
tissus (2).
PRINCIPES DE BASE DU LASER:
ÉMISSION STIMULÉE ET
AMPLIFICATION DE LA LUMIÈRE
Un atome ou une molécule a tendance à
rester à l'état fondamental (E0), dans lequel
les électrons orbitaux adoptent une position
naturelle. L'absorption d'un photon peut
faire passer un électron à un niveau d'éner-
gie supérieur. Après absorption, l'atome se
trouve alors à l'état excité (E*) (Figure 1a).
Les atomes excités sont cependant instables
et l'électron retrouve spontanément son
état fondamental normal. Cette «désexci-
tation» s'accompagne de l'émission d'un
photon de longueur d'onde et d'une
énergie équivalente à l'écart entre les deux
niveaux d'énergie. Ce processus est appelé
émission spontanée
(Figure 1b).
L'interaction entre un photon d'énergie
et un atome à l'état excité a pour effet
de ramener l'électron excité à son état
fondamental et de provoquer l'émission
d'un deuxième photon. Ce processus
d'émission stimulée entraîne l'émis-
sion de deux photons de même longueur
d'onde, de même direction et de même
phase (Figure 1c) (3).
DOSSIER: LASER
Principes et utilisation des
lasers en dermatologie
Charlotte Naeyaert, Evelien Verhaeghe
Service de Dermatologie, UZ Gent, UG
«L
aser» signifie «Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation». La
première application en dermatologie a été réalisée au moyen d'un laser à
rubis pulsé, en 1963. Depuis lors, le domaine a connu un développement impor-
tant. Pour une utilisation sûre et efficace dans le cadre des soins aux patients, le
praticien doit disposer d'une bonne connaissance théorique de base. Il s'agit de
choisir le laser adéquat, mais aussi de sélectionner les paramètres appropriés. Cet
article présente un résumé du contexte théorique et des principaux paramètres
des lasers. Il propose ensuite un aperçu des indications cliniques, dont les lésions
vasculaires, les lésions pigmentaires et les tatouages, et aborde le sujet de la
réjuvénation cutanée.
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