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Skin
Vol 16
N°4
2013
13
LASERTHÉRAPIE ET VITILIGO
Le vitiligo est une dermatose non conta-
gieuse acquise, caractérisée par la pré-
sence sur la peau de macules blanches
aux contours bien définis. Ces lésions
sont le résultat d'une destruction locale
de mélanocytes. Le vitiligo touche 0,5
à 1% de la population. Sa pathogenèse
exacte n'est pas encore connue, mais la
théorie actuellement admise veut que de
multiples paramètres entrent en jeu. Des
facteurs auto-immuns, génétiques, neu-
raux et biochimiques contribuent ainsi
à la destruction des mélanocytes (1). Le
vitiligo a un impact psychosocial négatif
majeur (2). Aussi, il s'agit de la principale
raison pour laquelle il convient d'enta-
mer un traitement.
Le traitement du vitiligo représente un
véritable défi. Différentes approches
sont possibles. Un vitiligo localisé peut
être traité au moyen de corticostéroïdes
topiques, d'analogues de la vitamine D,
d'inhibiteurs de la calcineurine ou d'in-
terventions chirurgicales. La dépigmen-
tation totale est une option lorsque 60 à
70% du corps sont touchés. Les vitiligos
plus prononcés sont généralement trai-
tés par photothérapie [Broad Band UVB,
Narrow Band (NB) UVB, PUVA ou photo-
thérapie ciblée], dans laquelle des lasers
et lampes Excimer sont utilisés comme
source de lumière.
La photothérapie induit une repigmen-
tation de la peau en stimulant la crois-
sance et la prolifération des mélano-
cytes. Elle exerce également un effet
immunomodulateur (3). Le mécanisme
de fonctionnement exact de la photo-
thérapie dans le cadre du vitiligo n'est
pas encore connu avec précision, mais de
plus en plus d'éléments indiquent qu'elle
a essentiellement un effet immunosup-
presseur (4). Une étude a montré que
la NB UVB, ainsi que la lumière et le
laser Excimer stimulent, de manière dose-
dépendante, la libération d'endothé-
line-1 par les kératinocytes (5). Toutefois,
le traitement par NB UVB expose inutile-
ment aussi la peau saine à la lumière UV,
avec un risque accru de cancérogénicité.
Pour résoudre ce problème, différents
dispositifs permettant d'administrer la
photothérapie de manière localisée ont
été développés, dont le laser et la lampe
Excimer.
Les dispositifs Excimer utilisent un ex-
ciplexe, un complexe constitué d'un gaz
rare et d'un gaz réactif. Ce complexe se
dissocie en émettant une lumière mo-
nochromatique d'une longueur d'onde
spécifique selon les gaz utilisés. En der-
matologie, on utilise exclusivement la
combinaison XeCl. Les dispositifs XeCl
génèrent une lumière UV d'une longueur
d'onde de 308nm (6). La MEL (lumière
monochromatique Excimer) peut être
administrée au moyen de 2 types de
dispositifs: le laser Excimer et la lampe
Excimer.
DOSSIER: LASER
Traitement au laser du
vitiligo et des cicatrices
Charlotte Naeyaert, Evelien Verhaeghe
Service de Dermatologie, UZ Gent, UG
L
es cicatrices et le vitiligo ont un impact psychosocial négatif majeur.
Les lésions sont souvent gênantes sur le plan esthétique et, dans le cas des
cicatrices, peuvent aussi causer une limitation fonctionnelle. Ces dernières dé-
cennies, différentes techniques ont été développées pour le traitement du vitiligo
et l'atténuation des cicatrices. La photothérapie, généralement par rayons UVA et
UVB à spectre étroit (NB UVB pour Narrow Band UVB), fait partie du traitement
standard pour le vitiligo. La MEL (Monochromatic Excimer Light ­ lumière mono-
chromatique Excimer), produite par le laser ou la lampe Excimer, a récemment
fait son entrée dans l'arsenal thérapeutique disponible pour le vitiligo. Le laser
est également utilisé pour atténuer les cicatrices. Cet article donne un aperçu
des connaissances actuelles relatives au fonctionnement et à l'applicabilité de la
MEL dans le cadre du vitiligo, et explique les possibilités thérapeutiques offertes
par le traitement au laser pour l'atténuation des cicatrices. Ce texte est en partie
basé sur la thèse de doctorat intitulée «Added value of a university laser clinic:
clinical effects of laser and high intensity light in the treatment of scars and
vitiligo»
, défendue à Gent par Evelien Verhaeghe le 29 mai 2013.
S1
1
33F