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Vol 16
N°4
2013
32
L'utilisation de l'amorolfine est pos-
sible en cours de grossesse en raison
des faibles quantités contenues dans
cette spécialité et du faible passage
systémique.
Il n'y a pas de données publiées sur les
antifongiques locaux en cours d'allaite-
ment. Cependant, leur usage est proba-
blement fréquent et aucun évènement
particulier n'est signalé à ce jour chez
des enfants allaités.
LES ANTIVIRAUX
La podophylline a été responsable de cas
de mortalité foetale et de malformations
congénitales après son utilisation durant
la grossesse. L'absorption systémique
après application topique a été démon-
trée et l'agent est considéré comme
abortif. Il est donc formellement contre-
indiqué durant toute la grossesse (1).
L'imiquimod est de classe C. Des études
réalisées chez l'animal ne montrent pas
de risque de tératogénicité, mais des
cas de RCIU et de retard d'ossification
du squelette ont été constatés avec de
hautes doses. Après application locale,
l'absorption est d'environ 0,9% de la
dose appliquée. Les données ne sug-
gèrent pas de toxicité humaine poten-
tielle, mais celles-ci sont limitées. En cas
de traitement de condylomes acuminés
chez la femme enceinte, on préférera uti-
liser un traitement physique ou de l'acide
trichloracétique. Si cette option n'est pas
adaptée, l'utilisation d'imiquimod est
envisageable de préférence après le 1
er
trimestre de grossesse (13).
LES ANTIPARASITAIRES LOCAUX
La perméthrine est de classe B et constitue
le traitement de choix contre la gale et les
poux durant la grossesse car elle est assez
mal absorbée au niveau cutané (1, 2).
Le benzoate de benzyle n'est pas téra-
togène selon des études réalisées chez
l'animal. Il n'y a pas de données publiées
chez des femmes enceintes exposées au
benzoate de benzyle au 1
er
trimestre de
grossesse, mais le recul est important et
aucun élément inquiétant n'est rapporté
à ce jour. Aux 2
e
et/ou 3
e
trimestres, les
données sont nombreuses et rassurantes.
Il est conseillé une application inférieure à
12 heures chez la femme enceinte (1, 2).
LE 5-FLUORO-URACILE
Le 5-fluoro-uracile est de classe X. A
forte dose, des études chez l'animal ont
mis en évidence un effet malforma-
tif. Il n'y a pas de données contrôlées
chez l'être humain, mais des anomalies
congénitales ont été rapportées avec les
formes topiques de fluoro-uracile (14).
Si la patiente a un désir de grossesse,
elle devra respecter un intervalle de 3 à
6 mois après l'arrêt du traitement avant
d'essayer de procréer.
Il n'y a pas de données sur le passage du
fluoro-uracile topique dans le lait mater-
nel. Etant donné que 5% à 6% de la dose
de fluoro-uracile topique est absorbée
systémiquement et en raison du risque de
réactions indésirables graves chez le nour-
risson, l'allaitement est contre-indiqué.
LES TRAITEMENTS SYSTÉMIQUES
ACNÉ ET ROSACÉE (TABLEAU 4)
Les tétracyclines sont de classe D. Elles
créent de fortes liaisons avec l'ortho-
phosphate de calcium, qui est alors
déposé dans les dents et les os au cours
de la calcification. Il y a donc un risque
de jaunissement des dents in utero lors
de l'utilisation des tétracyclines après
la 20
e
semaine de gestation. Il n'y a par
contre pas de risque tératogène démontré
durant le premier trimestre de grossesse.
La stéatose hépatique gravidique a aussi
été attribuée à l'ingestion de tétracycline
au cours du 3
e
trimestre de grossesse. Les
tétracyclines sont excrétées dans le lait
maternel, mais la concentration dans le
sérum des enfants allaités est négligeable.
Cela est dû à l'effet de chélation qu'exerce
le calcium du lait maternel sur la tétra-
cycline. Cependant, on déconseillera une
utilisation maternelle supérieure à 2 se-
maines en période d'allaitement (3, 4, 15).
L'érythromycine est de classe B et consti-
tue l'agent de choix pendant la grossesse
si un traitement antibiotique systémique
est nécessaire. Deux études suédoises
ont rapporté une augmentation du
risque de malformation cardiovasculaire
quand l'érythromycine était utilisée tôt
dans la grossesse (16). On évitera donc
son utilisation durant le 1
er
trimestre
de grossesse. Elle est compatible avec
l'allaitement, bien que le lait maternel
contienne 50% de la concentration trou-
vée dans le sérum de la mère.
L'isotrétinoïne est de classe X et est
contre-indiquée durant toute la gros-
sesse, de même que chez les patientes
en âge de procréer sans contraception
adaptée. Elle entraîne un syndrome mal-
formatif dans 20 à 25% des cas. Le ta-
bleau associe une atteinte de différents
organes (coeur, système nerveux central,
oreille, thymus) (17, 18). La période à
haut risque concerne essentiellement les
deux premiers mois de grossesse. En cas
de désir de grossesse, l'isotrétinoïne doit
être arrêtée et la contraception poursui-
vie un mois après l'arrêt du traitement.
Il est conseillé de ne pas allaiter, même
si le risque spécifique pour le nourrisson
n'a pas été démontré.
La spironolactone et l'acétate de cypro-
térone
sont de catégorie C. Des études
animales ont montré la féminisation de
foetus de rats mâles et un retard de la
maturation sexuelle de foetus de rats
femelles. Cependant, ces effets n'ont pas
été observés chez les êtres humains. La
différenciation du tractus uro-génital se
produit entre 8 et 17 semaines d'amé-
norrhée (19). En cas de découverte d'une
grossesse sous acétate de cyprotérone, si
la dose reçue pendant la période de dif-
férenciation sexuelle (de 8 à 17 semaines
d'aménorrhée) est élevée ( 25mg/j), il
faut envisager une surveillance préna-
tale orientée sur les organes génitaux
externes des foetus masculins. Ces deux
molécules sont contre-indiquées durant
la grossesse.
PSORIASIS (TABLEAU 5)
L'acitrétine est de classe X et est contre-
indiquée durant toute la grossesse. Elle
entraîne un risque de malformation
crânio-faciale, cardiaque, thymique et du
SNC. Le risque relatif de malformations
du foetus lors d'une grossesse exposée à
un rétinoïde oral est de 25 fois celui de
la population générale. La grossesse est
contre-indiquée jusqu'à deux ans après
l'arrêt de la molécule. Le passage lacté
de l'acitrétine est faible, mais son usage
est contre-indiqué durant l'allaitement
(8-10, 20).
Le méthotrexate est de classe X et est
utilisé comme abortif dans les grossesses
extra-utérines. Son utilisation durant la
grossesse, et particulièrement durant
le premier trimestre, est formellement