12/23 AUGMENTENT-ILS LES ÉVÉNEMENTS CARDIAQUES? portant chez les personnes atteintes de psoriasis. Singulièrement, les agents bio- logiques qui agissent sur la voie IL-12/23, et qui ont un effet spectaculaire sur la maladie, semblent provoquer davantage d'accidents cardiovasculaires. Un article publié il y a peu dans le Jaad (1) donne un aperçu des dernières recherches dans ce domaine. Rédigé par des statisticiens qui prennent leur discipline très à coeur, il nous apprend que deux méta-ana- lyses récentes ont investigué l'associa- tion entre ces médicaments et le risque d'accidents cardiovasculaires graves. Bien que ces deux analyses aient extrait leurs données des mêmes études randomisées, leurs conclusions ne sont pas univoques. sement du risque, tandis que l'autre a conclu à une élévation de l'odds ratio de 4,25 (IC 95%: 1,07-16,75; p = ,04). Cet écart est dû à l'utilisation de méthodo- logies statistiques différentes, comme les auteurs l'expliquent dans la suite de l'article. La conclusion mérite tout par- ticulièrement notre attention. D'après les données actuellement disponibles, il est possible que les médicaments biolo- giques de type anti-IL-12/23 augmen- tent le risque cardiovasculaire, mais il semble qu'il faudra mener des études randomisées à plus grande échelle pour pouvoir le confirmer définitivement. Dans l'attente d'une conclusion défini- tive, il pourrait être judicieux que les der- matologues présentent à leurs patients ter le risque cardiovasculaire quand ils leur prescrivent un traitement biologique IL-12/23. LES PATIENTS PSORIASIQUES? il est notamment possible d'agir sur le poids des patients atteints de psoriasis. L'association entre le psoriasis et le syn- drome métabolique, qui se caractérise entre autres par un problème d'obé- sité, a récemment fait l'objet d'une vive attention. La bonne réponse du psoria- sis aux inhibiteurs anti-TNF permet de supposer que le poids corporel joue un rôle indépendant dans le déclenchement de la maladie. En effet, le taux de TNF augmente et diminue en fonction de la prise et de la perte de poids. Jusqu'à pré- sent, il n'existait pas d'étude portant sur l'influence de la perte de poids sur l'évo- lution du psoriasis. sée consacrée à cette question a été pu- bliée dans le numéro de JAMA Dermato- logy de juillet 2013 (2). Après avoir suivi un régime hypocalorique strict pendant 16 semaines, 30 patients psoriasiques obèses ont non seulement présenté une perte de poids significative, mais aussi une baisse du score également inférieurs. La baisse du score PASI était cependant tout juste insuffi- sante pour être significative (p = 0,06). D'après un commentaire rédactionnel (3), ce résultat est essentiellement dû au faible nombre de participants inclus, statistique de l'étude. Il serait intéressant de lancer une étude de plus grande am- pleur. L'obésité est en effet caractérisée par une inflammation chronique légère, ce qui entraîne une élévation du régula- teur d'inflammation TNF. Une hypothèse serait que l'interaction des réponses im- munitaires et métaboliques déclenchées par le TNF au niveau des adipocytes, des macrophages et des lymphocytes T dans la peau renforce les anomalies génétiques, accélérant la manifestation clinique de la maladie. RÔLE? beaucoup progressé au cours des 50 der- nières années. L'auto-immunité appa- raît sous l'effet de facteurs héréditaires, mais aussi environnementaux. Pour la toute première fois, deux études indé- pendantes parues dans la revue Nature (4) (avec commentaire dans le N Engl J Med) (5) suggèrent que la consomma- tion de sel dans l'alimentation pour- rait déclencher une auto-immunité. Les chercheurs ont basé la conception de leur étude sur l'observation que les personnes qui fréquentent un restau- rant fast-food plus de deux fois par se- maine possèdent un plus grand nombre de cellules inflammatoires. La suite de leurs recherches s'est concentrée sur la population récemment identifiée de lymphocytes T auxiliaires CD4+ pro- ducteurs d'interleukine 17, qui jouent un rôle important dans des maladies auto-immunes telles que le psoriasis et la sclérose en plaques. |