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Vol 16
N°4
2013
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LES AGENTS BIOLOGIQUES IL-
12/23 AUGMENTENT-ILS LES
ÉVÉNEMENTS CARDIAQUES?
Le risque cardiovasculaire est plus im-
portant chez les personnes atteintes de
psoriasis. Singulièrement, les agents bio-
logiques qui agissent sur la voie IL-12/23,
et qui ont un effet spectaculaire sur la
maladie, semblent provoquer davantage
d'accidents cardiovasculaires. Un article
publié il y a peu dans le Jaad (1) donne
un aperçu des dernières recherches dans
ce domaine. Rédigé par des statisticiens
qui prennent leur discipline très à coeur,
il nous apprend que deux méta-ana-
lyses récentes ont investigué l'associa-
tion entre ces médicaments et le risque
d'accidents cardiovasculaires graves. Bien
que ces deux analyses aient extrait leurs
données des mêmes études randomisées,
leurs conclusions ne sont pas univoques.
Une analyse n'a décelé aucun accrois-
sement du risque, tandis que l'autre a
conclu à une élévation de l'odds ratio de
4,25 (IC 95%: 1,07-16,75; p = ,04). Cet
écart est dû à l'utilisation de méthodo-
logies statistiques différentes, comme
les auteurs l'expliquent dans la suite de
l'article. La conclusion mérite tout par-
ticulièrement notre attention. D'après
les données actuellement disponibles, il
est possible que les médicaments biolo-
giques de type anti-IL-12/23 augmen-
tent le risque cardiovasculaire, mais il
semble qu'il faudra mener des études
randomisées à plus grande échelle pour
pouvoir le confirmer définitivement.
Dans l'attente d'une conclusion défini-
tive, il pourrait être judicieux que les der-
matologues présentent à leurs patients
toutes les mesures nécessaires pour limi-
ter le risque cardiovasculaire quand ils
leur prescrivent un traitement biologique
IL-12/23.
EST-IL UTILE DE FAIRE MAIGRIR
LES PATIENTS PSORIASIQUES?
Pour prévenir le risque cardiovasculaire,
il est notamment possible d'agir sur le
poids des patients atteints de psoriasis.
L'association entre le psoriasis et le syn-
drome métabolique, qui se caractérise
entre autres par un problème d'obé-
sité, a récemment fait l'objet d'une vive
attention. La bonne réponse du psoria-
sis aux inhibiteurs anti-TNF permet de
supposer que le poids corporel joue un
rôle indépendant dans le déclenchement
de la maladie. En effet, le taux de TNF
augmente et diminue en fonction de la
prise et de la perte de poids. Jusqu'à pré-
sent, il n'existait pas d'étude portant sur
l'influence de la perte de poids sur l'évo-
lution du psoriasis.
La première étude prospective randomi-
sée consacrée à cette question a été pu-
bliée dans le numéro de JAMA Dermato-
logy
de juillet 2013 (2). Après avoir suivi
un régime hypocalorique strict pendant
16 semaines, 30 patients psoriasiques
obèses ont non seulement présenté une
perte de poids significative, mais aussi
une baisse du score
PASI. Les taux d'in-
suline et de glucose plasmatique étaient
également inférieurs. La baisse du score
PASI était cependant tout juste insuffi-
sante pour être significative (p = 0,06).
D'après un commentaire rédactionnel
(3), ce résultat est essentiellement dû
au faible nombre de participants inclus,
qui expliquerait le manque de puissance
statistique de l'étude. Il serait intéressant
de lancer une étude de plus grande am-
pleur. L'obésité est en effet caractérisée
par une inflammation chronique légère,
ce qui entraîne une élévation du régula-
teur d'inflammation TNF. Une hypothèse
serait que l'interaction des réponses im-
munitaires et métaboliques déclenchées
par le TNF au niveau des adipocytes,
des macrophages et des lymphocytes
T dans la peau renforce les anomalies
génétiques, accélérant la manifestation
clinique de la maladie.
LE SEL JOUE-T-IL AUSSI UN
RÔLE?
Les recherches sur l'auto-immunité ont
beaucoup progressé au cours des 50 der-
nières années. L'auto-immunité appa-
raît sous l'effet de facteurs héréditaires,
mais aussi environnementaux. Pour la
toute première fois, deux études indé-
pendantes parues dans la revue Nature
(4) (avec commentaire dans le N Engl J
Med
) (5) suggèrent que la consomma-
tion de sel dans l'alimentation pour-
rait déclencher une auto-immunité.
Les chercheurs ont basé la conception
de leur étude sur l'observation que les
personnes qui fréquentent un restau-
rant fast-food plus de deux fois par se-
maine possèdent un plus grand nombre
de cellules inflammatoires. La suite de
leurs recherches s'est concentrée sur
la population récemment identifiée de
lymphocytes T auxiliaires CD4+ pro-
ducteurs d'interleukine 17, qui jouent
un rôle important dans des maladies
auto-immunes telles que le psoriasis et
la sclérose en plaques.
LITTÉRATURE INTERNATIONALE
Psoriasis: motivez!
Syndrome d'Ekbom: dirigez!
Ria Willemsen
UZ Brussel, VUB
S1
208F