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Skin
Vol 16
N°4
2013
42
Récemment, un centre d'IST espagnol a
remarqué un nombre 3 fois plus impor-
tant de molluscum contagiosum sexuel-
lement transmis (1). Une étude pros-
pective de deux ans a été menée par le
Département de Dermatologie du CHU
de Liège, pour recueillir des informations
démographiques sur les patients présen-
tant des infections virales du pubis. Sur
61 patients, des molluscum contagiosum
(MC) ont été identifié dans 71% des cas,
des condylomes acuminés (CA) dans
11%, la présence concomitante d'infec-
tions MC et CA chez 11% des patients et
l'herpès simplex virus (HSV) dans 4,8%
des cas. Le rasage représentait un fac-
teur de risque pour un nombre élevé de
lésions.
Se pose donc la question d'une relation
entre l'épilation intégrale du maillot, qui
est devenue un véritable phénomène de
mode, et les infections virales. En effet,
l'épilation concernerait 54% des femmes
en général et 73% des adolescentes et
jeunes femmes de 15 à 25 ans (mais sans
précision sur le fait de savoir si l'épila-
tion est intégrale) (3). Les hommes sont
également concernés, mais il y a peu
de données (peut-être moins de 50%
dans la même tranche d'âge). Une petite
étude préliminaire (30 cas) (4) a tenté
d'établir un lien entre cette infection
virale et l'épilation intégrale du maillot.
Dans la grande majorité des cas (93%),
l'infection virale était associée à cette
pratique, majoritairement le rasage, ce
qui pourrait expliquer la prédominance
masculine dans cette étude, les hommes
semblant avoir davantage recours au
rasage, et les femmes à l'épilation à la
cire. De plus, le rasage est probablement
plus sujet à créer des microtraumatismes
(microcoupures) qui pourraient favoriser
la propagation virale, concernant essen-
tiellement la zone préalablement épilée.
L'épilation laser ne semble pas consti-
tuer un facteur de risque pour ce type
d'infection. Cette corrélation demande
néanmoins à être confirmée par de plus
grandes études contrôlées.
Références
1.
Villa L, Varella JA, Otero L et al. Molluscum Contagiosum: a 20-
year study in a sexually transmitted infections unit. Sex Trans
Dis 2010;37(7):423-4.
2.
Castronovo C, Lebas E, Nikkels-Tassoudji N et al. Viral infec-
tions of the pubis. Int J Std AIDS 2012;23(1):48-50.
3.
Institut Ipsos, mai 2006.
4.
Desruelles F, Cunningham SA, Dubois D. Pubic Hair Removal: A
risk factor for `minor' STI such as molluscum contagiosum? Sex
Transm Infect DOI:10.1136/sextrans-2012-050982.
DERMATOLOGIE ESTHÉTIQUE
Épilation et infections
virales
Nathalie Evrard
O
n remarque actuellement une augmentation des motifs de consultation
pour des «verrues» sexuellement transmissibles du pubis, en particulier
des «molluscum contagiosum», dues à un poxvirus en dehors de toute infection
sexuellement transmissible. Plusieurs études mettent en cause l'épilation pour
expliquer la croissance de cette infection virale.
S1
204F
Journées de dermatologie
interventionnelle de Paris 2013
À SIGNALER AU PATIENT, LE RISQUE D'HYPERHIDROSE
AXILLAIRE APRÈS ÉPILATION LASER
Deux publications ayant signalé une augmentation de la sudation axillaire après épilation
par laser, l'équipe du centre Saint-Pétersbourg à Paris a décidé d'envoyer un questionnaire à
163 de ses patients ayant bénéficié d'une épilation des aisselles par laser infrarouge à
impulsions longues. Les réponses étaient exploitables pour 86 d'entre eux, avec un suivi
médian de 7 mois. 24 rapportaient une augmentation de sudation, apparue en moyenne
4 mois après la première séance de laser et associée à une bromhidrose dans 15 cas.
Ces données confirment celles de la littérature, et cet effet secondaire, c'est-à-dire le risque
d'hyperhidrose dans au moins 10% des cas, doit être signalé aux patients.
Référence
Laubach HJ et al. Hyperhidrose axillaire après épilation Laser: mythe ou réalité? 2èmes JDIP (Journées de dermatologie interventionnelle de
Paris): 13-15 juin 2013.