background image
Percentile
|
Vol 18
|
N°3
|
2013
32
Traitement
les nC ont un potentiel d'éclaircissement spontané mais sans régres-
sion histologique associée de l'infiltrat mélanocytaire. les techniques
de dermabrasion et de curetage des nCG ont montré de bons résultats
cosmétiques en période néonatale avec une repigmentation progres-
sive quasi constante (6). l'exérèse chirurgicale avec ou sans expansion
cutanée est une autre option thérapeutique: une augmentation du
nombre de naevi satellites est observée avec l'expansion cutanée et de
nouvelles aires naeviques avec la chirurgie (4).
Le rôle des exérèses dans le dépistage du mélanome
Une étude a montré qu'entre 10 et 14 ans, il faudrait enlever 1.026
lésions pour poser un diagnostic de mélanome, soit 40 fois plus que
chez l'adulte (7). la plupart des mélanomes ne naissent pas à partir
d'un naevus. l'exérèse systématique des naevi n'est pas indiquée, mais
elle pourrait être discutée en fonction de la taille du naevus (Figure 2).
Conclusion
le risque de mélanome sur nCG est de 2%. il survient le plus souvent
sur des nCG axiaux avec satellites. la chirurgie diminuerait le risque
de mélanome dans ces cas. l'enfance est la période d'apparition des
naevi. il est essentiel de dépister précocement les sujets à risque de
mélanome (syndrome des naevi dysplasiques, antécédents de méla-
nome, phototype clair) et d'initier la prévention. le risque de mélanose
neurocutanée symptomatique est de 1%. Son dépistage systématique
n'est pas recommandé étant donné l'absence de traitement spécifique.
Rosacée de l'enfant
D'après un exposé de Christine Léauté-Labrèze
la rosacée est une situation cutanée chronique d'instabilité vasomo-
trice. Chez l'adulte, il existe des critères de rosacée bien définis: flush,
érythème facial, papules et pustules, télangiectasies. les autres cri-
tères renforçant le diagnostic, mais non nécessaires, sont les suivants:
chaleur cutanée, plaques rouges, aspect sec, oedème facial, évolution
phymateuse, manifestations oculaires (blépharite, méibomite, chala-
zions récidivants, rougeur oculaire, photophobie, épisclérite ou kérato-
conjonctivite, ulcères cornéens) (8).
C'est une maladie de la peau claire chez l'adulte jeune et d'âge moyen
(pic entre 30 et 50 ans) (9). les experts reconnaissent 4 sous-types et
une variante (on ne passe pas forcément de l'un à l'autre et ceux-ci
peuvent être associés): la rosacée érythémato-télangiectasique, la
rosacée papulo-pustuleuse, la rosacée phymateuse, la rosacée oculaire
et une variante, la rosacée granulomateuse.
la pathogenèse est inconnue mais probablement multifactorielle (pré-
disposition génétique, facteurs environnementaux tels que les UV, le
stress, l'anxiété, l'alcool, la chaleur). le Demodex folliculorum pour-
rait jouer un rôle. l'application chronique de corticoïdes topiques peut
induire une éruption de type rosacée.
la rosacée de l'enfant est rare mais probablement sous-diagnostiquée.
par conséquent, nous manquons de critères diagnostiques validés (10)
(Tableau). on note trois présentations dermatologiques: la rosacée
papulo-pustuleuse, les télangiectasies avec flush et la rosacée granulo-
mateuse. il n'y a pas de rosacée phymateuse (10, 11). la rosacée
oculaire peut se présenter sous la forme de meibomite, de chalazions
bilatéraux, d'une hyperhémie oculaire, d'une photophobie ou d'une
kératite avec ulcères cornéens. Souvent, l'atteinte oculaire précède les
signes cutanés chez l'enfant (11). Une histoire familiale de rosacée est
fréquemment retrouvée (12).
les diagnostics différentiels majeurs sont l'acné juvénile (comédons et
hyperséborrhée sans flush ni atteinte oculaire, elle peut coexister avec
la rosacée), la dermatite péri-orale granulomateuse ou FaCe (Facial
Afro-Caribbean Childhood Eruption) (pas d'atteinte oculaire), la pyo-
dermite froide du visage ou iFaG (Idiopathic Facial Aseptic Granuloma)
(nodules douloureux du visage avec une prédilection pour les joues), le
lupus érythémateux et les tumeurs faciales multiples (angiofibromes de
la neurofibromatose de type 1, histiocytose céphalique bénigne). les
autres diagnostics à évoquer sont les excoriations faciales chroniques,
les télangiectasies sur application chronique de corticoïdes topiques,
l'éruption faciale sur mercaptopurine pendant la phase chronique d'une
leucémie, la démodécidiose.
Traitements
les formes mineures sont traitées localement en commençant par
éviter les agents irritants et les corticostéroïdes. la nicotinamide
topique (vitamine B
3
ou pp) et le métronidazole topique peuvent être
proposés. les soins oculaires se font au sérum physiologique. les
formes sévères avec ou sans atteinte oculaire sont traitées de manière
systémique par des tétracyclines chez les enfants de plus de 12 ans.
Chez les plus jeunes, on préfère le métronidazole en courtes cures
(neuro toxicité) ou les macrolides. la durée du traitement est généra-
lement de 1 à 2 mois (10, 11).
Conclusion
en conclusion, chez l'enfant, l'association de symptômes oculaires
et d'une dermatose faciale inflammatoire est évocatrice de rosacée.
malgré l'absence de critères diagnostiques validés, les manifestations
cliniques semblent similaires à celles de l'adulte. l'évaluation ophtal-
mologique est nécessaire en cas de manifestations oculaires. Celles-ci
peuvent précéder l'atteinte cutanée. le métronidazole est le traitement
le plus efficace si les tétracyclines sont contre-indiquées.
tableau: Critères diagnostiques proposés pour la rosacée de l'enfant (2 critères ou plus) (7).
·
Flush facial avec érythème récurrent ou permanent
·
télangiectasies faciales sans autre étiologie
·
papules et pustules sans comédons
·
distribution préférentielle des lésions sur les zones convexes du visage
·
1 des manifestations oculaires suivantes: chalazions récidivants, hyperhémie ophtalmique et/ou kératite