and Allergies in Childhood) qui évoquait l'association de l'utilisation du paracétamol et le risque d'allergie chez plus de 200.000 enfants âgés de 6 à 7 ans et répartis dans 31 pays. La prise de paracétamol pour de la fièvre dans la première année de vie tout comme la prise récente de paracétamol augmentaient significativement le risque de présenter des symptômes d'asthme, de rhinoconjonctivite allergique ou d'eczéma. Malgré les nombreuses critiques méthodologiques qui ont été émises, notamment concernant les possibles variables confondantes et l'aspect rétrospectif, un sérieux doute est alors apparu même chez les plus sceptiques... il est intéressant de relever qu'avant cette publication, 18 études avaient déjà évoqué cette relation entre 2000 et 2008 (7 chez l'enfant, 6 chez l'adulte et 5 chez la femme enceinte). Avec l'étude isAAC de 2008, elles ont été revues dans une méta-analyse regroupant 425.000 sujets, qui a confirmé l'existence d'un risque augmenté global de l'asthme avec un odds ratio (or) de 1,63. Le risque lié à une exposition prénatale a également été confirmé (or 1,28). Par la suite, 3 études pédiatriques (dont la suite de l'étude isAAC chez les enfants de 13-14 ans) sont encore venues gonfler ces résultats. Un effet dose-dépendant sur l'augmentation du risque avait été décrit, ce qui renforçait la probabilité de cet effet. Certaines études avaient montré des résultats similaires quelle que soit l'indication pour laquelle le paracétamol avait été utilisé. De plus, les deux études isAAC rapportaient que l'augmentation du risque existait également pour les autres types d'allergie. Notons finalement qu'une étude, dans laquelle de l'ibuprofène et du paracétamol étaient administrés de manière randomisée et en double aveugle à des enfants fébriles âgés de 6 mois à 12 ans, avait démontré plus d'exacerbations d'asthme chez les enfants asthmatiques à l'inclusion lorsque ceux-ci avaient été inclus dans le groupe paracétamol. Ce risque était également dose-dépendant, ce qui allait contre le fait qu'il soit uniquement lié à un effet protecteur de l'ibuprofène. Finalement, l'implication clinique de cette augmentation de risque a été évaluée par plusieurs chercheurs et ils ont estimé que 20% à 40% de la prévalence et de la sévérité de l'asthme pouvaient être attribuables à l'exposition au paracétamol. en dehors de ces résultats, on peut également souligner que l'augmentation des allergies a été contemporaine à la généralisation de l'usage du paracétamol, suite entre autre à l'éviction de l'aspirine dans le contexte du syndrome de reye. Une étude a même démontré que la prévalence nationale des sibilances chez l'enfant pouvait être prédite sur base des ventes de paracétamol, et cela dans 36 pays différents. Finalement, il y a une plausibilité biologique à l'augmentation d'un risque d'allergie associé à l'usage du paracétamol, entre autres à travers la réduction du pouvoir antioxydant due au gluthation et l'augmentation des radicaux libres. Même si de plus larges études prospectives, randomisées et avec placebo, restent nécessaires afin d'éclaircir définitivement le risque potentiel associant paracétamol et allergie, il est important de se rendre compte qu'un ensemble d'arguments et de données soutiennent cette hypothèse. Certains pneumologues pédiatriques ont d'ailleurs évoqué le fait que le paracétamol devrait être évité chez l'enfant asthmatique. si nous n'en sommes pas encore à ce point, il faut en tout cas se rappeler que, comme pour tout autre médicament, le paracétamol n'est pas dénué d'effets secondaires et doit être réservé à des situations qui justifient pleinement son utilisation... Beasley R et al. Lancet 2008;372:1039-48. Etminam m et al. Chest 2009;136:1316-23. Beasley R et al. Am J Respir Crit Car med 2001;183:171-8. mcBride Jt. pediatrics 2011;128:1181-5. percentile est une publication la traduction, même partiellement. paraît également en néerlandais. |