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Percentile
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Vol 18
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N°3
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2013
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Paracétamol et risque allergique:
où en est-on?
en 2008 sortait une publication issue de l'étude isAAC (International Study of Asthma
and Allergies in Childhood) qui évoquait l'association de l'utilisation du paracétamol et le
risque d'allergie chez plus de 200.000 enfants âgés de 6 à 7 ans et répartis dans 31 pays.
La prise de paracétamol pour de la fièvre dans la première année de vie tout comme
la prise récente de paracétamol augmentaient significativement le risque de présenter
des symptômes d'asthme, de rhinoconjonctivite allergique ou d'eczéma. Malgré les
nombreuses critiques méthodologiques qui ont été émises, notamment concernant les
possibles variables confondantes et l'aspect rétrospectif, un sérieux doute est alors apparu
même chez les plus sceptiques...
il est intéressant de relever qu'avant cette publication, 18 études avaient déjà évoqué
cette relation entre 2000 et 2008 (7 chez l'enfant, 6 chez l'adulte et 5 chez la femme
enceinte). Avec l'étude isAAC de 2008, elles ont été revues dans une méta-analyse
regroupant 425.000 sujets, qui a confirmé l'existence d'un risque augmenté global de
l'asthme avec un odds ratio (or) de 1,63. Le risque lié à une exposition prénatale a
également été confirmé (or 1,28). Par la suite, 3 études pédiatriques (dont la suite de
l'étude isAAC chez les enfants de 13-14 ans) sont encore venues gonfler ces résultats.
Un effet dose-dépendant sur l'augmentation du risque avait été décrit, ce qui renforçait
la probabilité de cet effet. Certaines études avaient montré des résultats similaires quelle
que soit l'indication pour laquelle le paracétamol avait été utilisé. De plus, les deux
études isAAC rapportaient que l'augmentation du risque existait également pour les
autres types d'allergie. Notons finalement qu'une étude, dans laquelle de l'ibuprofène et
du paracétamol étaient administrés de manière randomisée et en double aveugle à des
enfants fébriles âgés de 6 mois à 12 ans, avait démontré plus d'exacerbations d'asthme
chez les enfants asthmatiques à l'inclusion lorsque ceux-ci avaient été inclus dans le
groupe paracétamol. Ce risque était également dose-dépendant, ce qui allait contre le fait
qu'il soit uniquement lié à un effet protecteur de l'ibuprofène. Finalement, l'implication
clinique de cette augmentation de risque a été évaluée par plusieurs chercheurs et ils
ont estimé que 20% à 40% de la prévalence et de la sévérité de l'asthme pouvaient être
attribuables à l'exposition au paracétamol.
en dehors de ces résultats, on peut également souligner que l'augmentation des allergies
a été contemporaine à la généralisation de l'usage du paracétamol, suite entre autre
à l'éviction de l'aspirine dans le contexte du syndrome de reye. Une étude a même
démontré que la prévalence nationale des sibilances chez l'enfant pouvait être prédite
sur base des ventes de paracétamol, et cela dans 36 pays différents. Finalement, il y a
une plausibilité biologique à l'augmentation d'un risque d'allergie associé à l'usage du
paracétamol, entre autres à travers la réduction du pouvoir antioxydant due au gluthation
et l'augmentation des radicaux libres.
Même si de plus larges études prospectives, randomisées et avec placebo, restent
nécessaires afin d'éclaircir définitivement le risque potentiel associant paracétamol et
allergie, il est important de se rendre compte qu'un ensemble d'arguments et de données
soutiennent cette hypothèse. Certains pneumologues pédiatriques ont d'ailleurs évoqué
le fait que le paracétamol devrait être évité chez l'enfant asthmatique. si nous n'en
sommes pas encore à ce point, il faut en tout cas se rappeler que, comme pour tout autre
médicament, le paracétamol n'est pas dénué d'effets secondaires et doit être réservé à des
situations qui justifient pleinement son utilisation...
Françoise Smets
service de Gastroentérologie et hépatologie pédiatrique, Clin. univ. st-Luc, uCL, Bruxelles
Références
Beasley R et al. Lancet 2008;372:1039-48.
Etminam m et al. Chest 2009;136:1316-23.
Beasley R et al. Am J Respir Crit Car med 2001;183:171-8.
mcBride Jt. pediatrics 2011;128:1181-5.
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