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Percentile
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Vol 18
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N°3
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2013
12
en 2001, les premières études de cohortes rétrospectives soulignaient
déjà l'importance de la morbidité à long terme et de la mortalité car-
diovasculaires chez les survivants d'un cancer pédiatrique (13). elles
montraient que le taux de mortalité globale augmentait avec le temps
et était clairement au-dessus de la mortalité anticipée dans la popula-
tion générale. de plus, ce taux de mortalité était significativement plus
faible chez les patients traités au cours de la dernière période de l'étude
(années 1980-89), ceci probablement en raison d'une meilleure prise de
conscience de la toxicité de la chimiothérapie et d'une utilisation plus
attentive de ces médicaments (13).
mulrooney et al. (Tableau 1-b) ont démontré que l'incidence cumu-
lative de morbidité cardiaque continuait à augmenter jusqu'à 30 ans
après le diagnostic (6). en 2010, Kenney et al. (Tableau 1-a) ont publié
une petite série de 107 patients ayant un suivi relativement long (18) et
confirmaient que plus de 50 ans après la fin de la chimiothérapie et/ou
radiothérapie, les survivants continuent d'être à risque de cardiopathie,
avec une altération de la qualité de vie ou même une espérance de
vie réduite. l'étude de Guldner (Tableau 1-e) démontrait que la radio-
thérapie expose également les patients à un risque accru de maladie
cardiaque à long terme (17). tukenova et al. (Tableau 1-c) confirmaient
que les patients recevant plus de 5Gy au niveau cardiaque, ainsi que
ceux ayant reçu une dose cumulative d'anthracyclines 360mg/m
2
sont
à haut risque de mortalité cardiovasculaire. dans cette cohorte, le taux
cumulatif de mortalité d'origine cardiaque et l'incidence cumulative
d'insuffisance cardiaque (Figure) augmentaient avec le temps, y com-
pris après 20 ans de suivi (7).
il persiste encore des controverses au sujet du seuil de la dose cumu-
lative d'anthracyclines à risque de cardiotoxicité pour les patients. Cer-
tains auteurs (Tableau 1-f) ont rapporté que les patients ayant reçu des
doses cumulatives d'anthracyclines < 250mg/m
2
montrent rarement une
détérioration de leur fonction cardiaque (8). a l'inverse et plus récem-
ment, d'autres équipes ont démontré (Tableaux 1-g, 1-h et 1-i) que de
faibles doses d'anthracyclines (45 à 250mg/m
2
) pouvaient entraîner une
dysfonction cardiaque avec réduction de la masse ventriculaire gauche
(9-11), ce qui suggère que la doxorubicine n'est jamais exempte de
toxicité cardiaque.
Conclusions
le taux de survie de la plupart des cancers de l'enfant s'est amélioré de
façon remarquable au cours des dernières décennies (1).
avec ce succès, il est devenu indispensable de considérer la morbidité
et la mortalité associées aux traitements contre le cancer. les sur-
vivants sont en effet à risque de développer toute une série d'effets
indésirables (1-3). parmi ceux-ci, la cardiotoxicité est l'une des com-
plications chroniques les plus graves avec un taux de mortalité élevé,
persistant même plusieurs décennies après le traitement.
dès lors, la réalisation d'enquêtes d'envergure sur les effets secon-
daires de la chimiothérapie et de la radiothérapie est cruciale. a ce jour,
il n'existe pas encore beaucoup de grandes études internationales. il
s'agit essentiellement d'études monocentriques, sur un nombre limité
de patients ayant été traités pour une pathologie précise, avec des pa-
ramètres de monitoring cardiaque différents et des suivis très variables
d'une étude à l'autre. les résultats de ces études sont donc encore dif-
ficiles à comparer.
au cours des 5 dernières années, les taux de survie n'ont plus consi-
dérablement changé. Ces chiffres stables suggèrent que les stratégies
de surveillance et de suivi de nos patients ainsi que des traitements
novateurs sont maintenant nécessaires pour améliorer les résultats. la
recherche clinique doit se concentrer non seulement sur le développe-
ment de nouvelles thérapies visant à accroître le taux de survie, mais
également à diminuer la gravité des effets secondaires tardifs. les trai-
tements futurs devraient assurer une vie exempte de séquelles à long
terme pour chaque enfant diagnostiqué avec le cancer (1).
le dépistage, la prévention et le traitement de la cardiotoxicité liée aux
traitements du cancer chez l'enfant seront développés dans un prochain
article.
remerciements
Ce travail a été soutenu par le Fonds national de la recherche
scientifique (grant télévie - Fnrs n°7.4637.09), le Fonds national pour la
recherche en Cardiologie pédiatrique, la Fondation salus sanguinis et
le Centre du Cancer des Cliniques universitaires st-Luc.
Références sur www.percentile.be
Figure: mortalité observée suite à des pathologies cardiovasculaires (a) et cardiaques (B) dans la cohorte franco-anglaise de patients traités pour
un cancer dans l'enfance par rapport à la population générale française et anglaise (7).
Observées
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Temps écoulé depuis le diagnostic de cancer
dans l'enfance (années)
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umulés (%)
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Toutes les maladies cardiovasculaires
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Attendues
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Temps écoulé depuis le diagnostic de cancer
dans l'enfance (années)
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umulés (%)
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Maladies cardiaques