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Percentile
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Vol 18
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N°3
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2013
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Ceci explique en partie les différences observées entre les études,
mais l'hétérogénéité des doses d'anthracyclines et de radiations reçues
ainsi que les différents temps de suivi des cohortes sont d'autres
explications (6). en 2010, il a été démontré que le taux standardisé
de mortalité pour les maladies cardiovasculaires chez les survivants
de cancer pédiatrique (n = 4.122) était 5 fois supérieur à celui de la
population générale (7).
Traitements cardiotoxiques:
facteurs de risque et mécanismes d'action
les toxicités cardiaques au long cours sont principalement dues aux
anthracyclines et à la radiothérapie. même si d'autres drogues sont
également responsables de toxicité cardiaque aiguë ou subaiguë, nous
nous concentrerons exclusivement sur ces deux traitements.
anthracyclines
la cardiotoxicité induite par les anthracyclines est généralement clas-
sée en trois catégories: aiguë, chronique progressive à apparition pré-
coce et chronique progressive à apparition tardive.
·
la toxicité aiguë liée aux anthracyclines se présente typiquement
dans la première semaine de traitement. elle est rarement obser-
vée (< 1%), généralement transitoire et réversible dès l'arrêt du
traitement. le risque de dysfonction chronique tardive semble plus
élevé pour les patients diagnostiqués avec ce type de dysfonction
aiguë (8).
·
l'apparition précoce d'une cardiomyopathie chronique progressive
survient moins d'un an après le traitement. elle est souvent prédic-
tive de la cardiotoxicité tardive (9).
·
l'apparition tardive d'une cardiomyopathie chronique progressive
se développe des années, voire des décennies après la fin du trai-
tement (2).
plusieurs facteurs de risque associés à l'apparition précoce et tardive
de cardiotoxicité chronique progressive ont été identifiés. la dose
cumulative est clairement le facteur prédictif le plus important (5). Bien
que différents seuils au-dessus desquels la cardiotoxicité est plus sus-
ceptible de se développer ont été proposés (7, 8), des études récentes
suggèrent qu'il n'existe pas de dose sécuritaire en deçà de laquelle la
cardiotoxicité ne survient pas, en particulier pour les dysfonctionne-
ments cardiaques chroniques tardifs (10, 12). Un suivi plus long après
l'administration du médicament est associé à une plus grande préva-
lence de déficience cardiaque (5, 8). le jeune âge (< 4-5 ans) (5, 9) et
l'association avec une radiothérapie médiastinale favorisent aussi les
effets secondaires cardiaques (5). le sexe féminin est associé à un
risque important de toxicité cardiaque (5-14), probablement parce que
les anthracyclines sont mal absorbées par le tissu lipidique. en effet,
comme les femmes ont un pourcentage plus élevé de tissu graisseux,
ceci entraîne chez elles une concentration plus importante du médica-
ment au niveau du muscle cardiaque. Une prédisposition génétique en-
traînant une diminution de la clearance de ces médicaments, la trisomie
21, la race noire, l'hyperthermie, les maladies du foie et une maladie
cardiaque préexistante ont également été associées à un risque accru
de cardiotoxicité (4).
de plus, parmi les patients ayant des facteurs de risque et des
traitements similaires, on observe des variations dans la sensibilité à
la toxicité des anthracyclines. Ceci suggère une composante génétique
dans la réponse d'un individu aux anthracyclines. récemment, divers
gènes associés à la cardiotoxicité induite par les anthracyclines ont
été identifiés. dans le futur, le profil de risque génétique associé aux
facteurs de risque cliniques pourrait aider à identifier les patients à haut
risque de cardiotoxicité (15, 16) et donc permettre de mieux les dépister
et de leur offrir un suivi plus personnalisé.
la physiopathologie de la toxicité des anthracyclines s'explique princi-
palement par la production de radicaux libres endommageant les car-
diomyocytes. les myocytes cardiaques sont plus sensibles que d'autres
types cellulaires aux lésions par les radicaux libres.
en analyse microscopique, les dommages des myocytes par les anthra-
cyclines apparaissent sous forme de perte myofibrillaire, de fibrose et
de dégénérescence vasculaire. la gravité de ces changements est en
corrélation avec la dose totale d'anthracyclines reçue. les myocytes
pouvant rarement proliférer après l'âge de six mois, la croissance myo-
cardique ne résulte que d'une augmentation de la taille des myocytes.
par conséquent, le principal moyen de compenser les myocytes perdus
lors du traitement par les anthracyclines est une hypertrophie accrue
des myocytes afin de maintenir l'architecture cardiaque et la fonction
contractile. l'insuffisance cardiaque d'apparition tardive après un trai-
tement par anthracyclines est due à l'incapacité des myocytes restants
à compenser convenablement une surcharge cardiaque due à la crois-
sance normale du corps, à une grossesse ou à d'autres contraintes
métaboliques.
radiothérapie
toute radiothérapie médiastinale ou thoracique peut conduire à un
dysfonctionnement cardiaque. dans son étude, tukenova a rapporté
que le risque global de mourir d'une maladie cardiovasculaire est signi-
ficativement majoré pour des personnes ayant reçu une dose moyenne
de radiations supérieure à 5Gy (7). mulrooney, quant à lui, démontre
que l'exposition du coeur à des radiations de 15Gy ou plus augmente
le risque relatif d'insuffisance cardiaque congestive, d'infarctus du
myocarde, de maladies péricardiques et de pathologies valvulaires de
2 à 6 fois par rapport aux survivants non irradiés (6).
Ces dommages peuvent apparaître de manière progressive et les pa-
tients peuvent rester asymptomatiques pendant des années. la fibrose
est la marque histopathologique de la maladie cardiaque induite par
radiothérapie (16).
Etudes de suivi au long cours
l'intérêt du suivi au long cours des survivants d'un cancer pédiatrique
a émergé au cours des 10 dernières années (3, 6-13, 17). Cependant,
les cohortes des études étaient au départ hétérogènes en termes de
critères d'inclusion, de durée de suivi, de technique de surveillance
cardiovasculaire, d'âge moyen au moment du diagnostic, de doses et
du type d'anthracyclines ou de doses de radiothérapie reçues.
les principales études de suivi sont présentées selon la durée de suivi
(Tableau 1). Cette liste n'est pas exhaustive, mais ces études ont été
sélectionnées soit en raison de leur très long temps de suivi, soit en
raison du grand nombre de patients inclus ou encore parce qu'elles
apportent une information significative.
les études incluant les plus grands nombres de patients sont celles
du groupe du CCSS (Tableau 1-b), des cohortes française et anglaise
(Tableau 1-c), et l'étude nordique (Tableau 1-d).