background image
Percentile
|
Vol 18
|
N°3
|
2013
15
transthoracique avant le traitement, avec des évaluations supplémen-
taires en fonction des indications cliniques (3). pour le suivi, la fraction
de raccourcissement (FS) et la fraction d'éjection (Fe) sont le plus sou-
vent utilisées comme paramètres systoliques standard.
d'autre part, le doppler tissulaire est une technique non invasive
d'échocardiographie permettant d'évaluer la contractilité myocardique
et sa relaxation. Son intérêt dans le contexte clinique est encore en
cours d'évaluation (4). Selon des études récentes chez l'adulte, l'image-
rie doppler tissulaire couplée à l'échographie pourrait être plus sensible
dans la détection infra-clinique de la dysfonction diastolique (5-7).
Ventriculographie isotopique et scintigraphie myocardique
la ventriculographie isotopique, ou mUGa scan (Multi Gated Acquisi-
tion Scan), permet de détecter une détérioration subclinique de la fonc-
tion cardiaque avec une excellente reproductibilité, même chez les pa-
tients avec des fenêtres acoustiques médiocres (2). Bien qu'une étude
récente ait montré que le mUGa scan semble être plus sensible que
l'échographie dans la détection des dysfonctionnements cardiaques
induits par les anthracyclines (8), son rôle dans la surveillance à long
terme reste à définir, à la lumière notamment de l'émergence de la réso-
nance magnétique nucléaire (rmn).
la scintigraphie myocardique pourrait être un outil prometteur pour la
détection précoce de la cardiotoxicité induite par les anthracyclines (9),
mais là aussi, plus de données sont nécessaires avant que des recom-
mandations puissent être établies.
marqueurs biochimiques cardiaques
l'utilité des paramètres biochimiques sanguins comme outil de dépis-
tage chez les patients traités par anthracyclines est encore sujette à
débat. la stratégie la plus prometteuse pour détecter les lésions car-
diaques sera probablement d'associer un panel de biomarqueurs avec
des outils non invasifs d'imagerie cardiaque. les biomarqueurs intéres-
sants, les paramètres idéaux d'imagerie cardiaque, le calendrier d'un
tel dépistage et la mise en place d'une échelle de risque cardiaque chez
les patients pédiatriques restent à définir (10, 11).
les biomarqueurs les plus étudiés actuellement sont les troponines
cardiaques, marqueurs directs de la mort des myocytes, et les peptides
natriurétiques, marqueurs d'étirement des fibres des myocytes.
résonance magnétique cardiaque (rmn)
Seules 2 études par rmn cardiaque ont évalué la dysfonction car-
diaque après un traitement d'anthracyclines. dans la première série de
22 patients adultes présentant une fonction cardiaque normale avant
la chimiothérapie, une diminution significative de la fraction d'éjection
était rapportée ainsi qu'une augmentation de la prise de contraste par
le myocarde en rehaussement tardif (12).
la seconde a étudié l'intérêt de la rmn chez les patients pédia-
triques atteints d'un cancer (n = 28, âge moyen 16,4 ans). ils consta-
taient que l'index volumétrique en fin de systole augmentait avec une
diminution de la fraction d'éjection des ventricules gauche et droit
au cours du traitement par anthracyclines. néanmoins, aucun signe
clinique d'insuffisance cardiaque ou de cardiomyopathie n'a été
observé (13).
Bien que la rmn soit un outil très sensible, reproductible et prometteur,
d'autres études sont nécessaires pour préciser son rôle dans le dépis-
tage de la cardiotoxicité chez les survivants d'un cancer.
epreuve d'effort cardio-pulmonaire
l'épreuve d'effort cardio-pulmonaire est une technique prometteuse.
elle peut en effet révéler un dysfonctionnement cardio-respiratoire
non détectable sur des études au repos. À nouveau, davantage de
recherches sont nécessaires pour déterminer sa place dans le dépistage
de la cardiotoxicité tardive dans cette population (14, 15).
moment optimal de la surveillance de la fonction cardiaque
le Children Oncology Group (CoG) commence à proposer des lignes
directrices pour le suivi cardiaque au long cours des survivants de can-
cer. ainsi, le CoG a proposé un calendrier de surveillance en fonction
de l'âge, des doses d'anthracyclines et/ou des doses de rayons reçues
(16) (Tableau).
tableau: Fréquences recommandées des échographies cardiaques ou du muga scan (extrait de Children's Oncology Group long-term follow-up
guidelines) (24).
age au traitement*
radiation avec impact potentiel
sur le coeur
dose d'anthracyclines**
Fréquence
recommandée
< 1 an
Oui
non
toute dose
< 200mg/m
2
200mg/m
2
Chaque année
tous les 2 ans
tous les ans
1-4 ans
Oui
non
toute dose
< 100mg/m
2
100 à < 300mg/m
2
300mg/m
2
Chaque année
tous les 5 ans
tous les 2 ans
tous les ans
5 ans
Oui
non
< 300mg/m
2
300mg/m
2
< 200mg/m
2
200 à < 300mg/m
2
300mg/m
2
tous les 2 ans
tous les ans
tous les 5 ans
tous les 2 ans
tous les ans
* age au 1
er
traitement cardiotoxique (anthracyclines ou radiothérapie)
** Basée sur une dose isotoxique équivalente de doxorubicine