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GUNAIKEIA
VOL 18 N°9
2013
Johan J. Mattelaer
Chez la femme, les fesses sont plus
grasses que chez les hommes. On peut
expliquer cet enrobage naturel pour des
raisons physiologiques et de société. Une
femme ronde incarnant la fécondité et
donc l'avenir de la race humaine (1).
Edward Lucie-Smith
Terminologie
Postérieur, fesses, cul, derrière ou arrière-train sont autant
de synonymes qui désignent, en français, la partie inférieure
de l'arrière du tronc humain. En anglais, on parle de
bot-
tom, butt(ocks), posterior, en allemand de Po(backen), Hin-
ten, Arsch
, en néerlandais de billen, achterste, achterwerk,
kont(je) ou zitvlak
.
D'un point de vue étymologique, il est intéressant de noter
que le terme de «fesses» dérive du latin
fissura (fente), qui a
également donné en français le mot «fissure». À l'origine, il
semble donc qu'il désigne plutôt l'espace entre les fesses que
les rondeurs qui l'entourent. Il en va d'ailleurs de même pour
les seins, puisque leur nom dérive du latin
sinus, qui désigne
lui aussi le creux entre deux éminences.
D'un point de vue anatomique, les fesses se composent de
trois muscles glutéaux
(musculus gluteus maximus, medius
et minimus) et de tissu adipeux. Chacun d'entre nous en pos-
sède deux, disposées en miroir de part et d'autre de l'anus.
Les anomalies à ce niveau sont très exceptionnelles, mais
elles existent (notamment chez certains jumeaux siamois).
Chez la plupart des mammifères, la région anatomique équi-
valente est généralement désignée par le terme d'arrière-
train ou de croupe. Elle permet à l'homme de se tenir droit
en position assise sans devoir s'appuyer sur ses membres
antérieurs pour assurer sa stabilité, comme le font nombre
de quadrupèdes (félins et canidés, par exemple). Les chevaux
ont les plus grandes difficultés à adopter ce type de posture,
tandis que les singes, beaucoup plus proches de nous, y par-
viennent beaucoup mieux.
Nombre de personnes considèrent les fesses comme une ré-
gion intime de leur anatomie, que l'on n'évoque guère sans
quelque gêne. Bien que l'orifice anal ne fasse pas à propre-
ment parler partie des fesses, il est souvent perçu comme
faisant partie du même ensemble, et certains termes sont
d'ailleurs utilisés indifféremment pour désigner l'un ou les
autres.
C'est traditionnellement sur les fesses que l'on frappait les
enfants pour les punir (d'où le nom de «fessée»), parce que
les coups y font rarement des dégâts mais aussi à cause du
caractère humiliant du déculottage...
Au fil de l'évolution, le postérieur de certains singes a déve-
loppé une couleur rouge au cours des chaleurs, ce qui en dit
évidemment long sur l'attrait érotique naturel de cette zone!
Au cours du développement des hominidés, ce stimulus a
toutefois disparu à mesure que l'accouplement par derrière
(
coïtus a tergo) a été peu à peu supplanté par la position
face-à-face. Comme l'écrivait en 2004 le zoologue Desmond
Morris,
«nos ancêtres copulaient par derrière, comme les
autres primates, ce qui explique que chez la femelle, les si-
gnaux sexuels se trouvent à l'arrière du corps. Celles qui pos-
A05
16F
Les trois grâces:
symbole de fertilité, esthétique
formelle ou stimulus érotique?
Johan J. Mattelaer
Urologue à Courtrai, Membre de l'History Office of the European Association of Urology
1
ere
partie
:
le
postérieur
féminin
dans
l
'
art
,
de
la
femme
«
primitive
»
à
l
'a
ntiquité
gréco
-
romaine
Cet article aborde le postérieur féminin au travers des statuettes voluptueuses de la Préhistoire, la stéatopygie chez les peuples
primitifs et la représentation de la femme dans l'Antiquité égyptienne, grecque et romaine. Dans une deuxième partie, à lire
dans un prochain numéro de Gunaïkeia, il passera en revue les représentations de la femme dans l'art médiéval, de la Renais-
sance, chez les peintres des 18
e
et 19
e
siècles, ainsi que dans les oeuvres contemporaines.